The Who : Who’s next

Avec Tommy, Pete Townshend a réussi à émanciper le groupe du mouvement mods qui l’a fait émerger. Grâce à cet opéra-rock, le groupe s’est éloigné des singles à succès de ses débuts pour produire une musique plus « adulte » et travaillée. Galvanisé par cette réussite artistique, Townshend se lance dans un projet encore plus ambitieux qu’il nomme Lifehouse. Malheureusement, ce projet d’opéra-rock futuriste s’avère vite irréalisable, et plonge le compositeur dans une profonde dépression.

Il se résout toutefois à retravailler les quelques morceaux exploitables pour produire un album plus simple. Le résultat est ce Who’s Next qui, malgré son absence de concept, s’imposera vite comme un classique du rock.

Le groupe n’a jamais caché qu’il avait des difficultés à restituer sur ses albums l’énergie qu’il déployait lors de ses concerts. Who’s Next est sans doute l’album qui restitue le mieux cette énergie. On peut d’ailleurs se demander s’il ne représente pas l’aboutissement du rythm’n’blues violent et travaillé du groupe.

La charpente bâtie par la rythmique folle de Keith Moon annonce le punk cinq ans avant l’heure.
Il représente aussi un socle idéal pour Towshend, qui viole le rythm’n’blues à grand coup de riffs acérés. Il ne faudrait tout de même pas que cette violence retrouvée éclipse la finesse de cet album.
Car, si le projet Lifehouse fut abandonné, le groupe a gardé ce qui devait être l’instrument clef de cet album : les premiers synthétiseurs analogiques.

Qui n’a jamais entendu ce son futuriste placé en introduction de « Baba O’Riley » ? Si ce son parait encore futuriste aujourd’hui, je vous laisse imaginer les réactions lors de la sortie de l’album en 1971.
Grâce à ses interventions, le groupe parvient à expérimenter tout en renouant avec une pureté et une immédiateté très rock. On peut rajouter à la liste de ces raffinements géniaux le piano nostalgique sur « The Song is Over » ou le violon de « Behind Blue Eyes ». Servant souvent d’intro aux riffs furieux de Townshend, ces accalmies augmentent l’impact du groupe, qui n’a jamais aussi bien sonné.

Pour couronner le tout, et illustrer ce chef d’œuvre, le groupe est photographié en train d’uriner sur le fameux monolithe de 2001 l’Odyssée de l’espace.
Le message est clair : Back to the true rock.

REF10/17/023

2 commentaires sur “The Who : Who’s next

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