lennon62/ décembre 18, 2017/ 0 comments

The Velvet Underground | Après une enfance paisible passée à Brooklyn , le jeune Lou Reed entame une adolescence difficile lorsque sa famille part habiter dans un Freeport Long Island très bourgeois. Pour manifester sa révolte face à un puritanisme ambiant, et contre l’autoritarisme parental, il devient lunatique. La réaction de sa famille ne se fait pas attendre et, alertés par ce comportement provocateur, ses parents l’emmènent consulter un psychiatre.

Le résultat ne se fait pas attendre, et Lou Reed recevra plusieurs séances d’électrochocs afin de soigner ses « tendances schizophrènes ». Il gardera de cette expérience une haine tenace pour les psychiatres, et on peut aisément supposer que cette rancœur influencera les textes qu’il écrira plus tard.

Fasciné par la beat génération, Reed voue un véritable culte à Allen Ginsberg et son poème subversif « Howl ». Comme il le dira lors de la mort de Ginsberg : « Sans lui les paroles de rock moderne auraient été inconcevables ». Les années 60 le voient intégrer l’université de Syracuse, où il suit les cours d’un certain Delmore Shwarts. Ce poète influencera largement les textes sombres que Reed écrira par la suite.

A la même époque, son originalité suscite l’intérêt d’un label de musique pop qui voit en lui une machine à tubes. Lou Reed est donc embauché pour écrire des ritournelles pop pour les groupes de ce label.

Parfois, il a l’occasion de chanter certaines compositions en compagnie de groupes éphémères.
C’est lors d’une de ces séances qu’il rencontre John Cale. Les deux hommes sympathisent rapidement et commencent à travailler sur « Venus in Furs » et « Heroin ». Rencontré dans la rue, Sterling Morrison se joint rapidement au groupe qui embauche dans la foulée un jeune batteur fan de Bo Diddley : Moe Tucker.

Il ne manque qu’un élément pour que le Velvet soit au complet, et c’est un certain Andy Warhol qui apportera les dernières pierres manquantes à l’édifice du Velvet. Ayant démarré sa carrière dans la publicité, l’artiste est déjà très populaire lorsqu’il rencontre le groupe. Il invite rapidement les musiciens à rejoindre sa factory ,un atelier artistique qui attire déjà de nombreuses vedettes. Là-bas, il leur présente Nico, un mannequin connue pour son rôle dans le film La dolce vita, et l’impose comme chanteuse du groupe. La formation se fait alors remarquer grâce à ses concerts, où le groupe joue ses morceaux sur fond de lumière pâle et de danseurs en tenue sadomasochiste.

Dans la foulée, Warhol décide de produire le premier album de ses nouveaux protégés mais ne participe pas beaucoup aux enregistrements. L’album est produit rapidement, mais mettra des mois avant de trouver le chemin des disquaires car la promotion de cet album auprès des maisons de disques capables de le diffuser est difficile. MGM finit tout de même par sortir l’album, mais préfère promouvoir les Mothers of Invention de Frank Zappa.

Sans soutien, The Velvet Undergound and Nico ne pouvait que se noyer dans le flot de chef d’œuvre d’une décennie qui a vue la naissance de Pet Sound, Sergent Pepper », et autres incontournables. Pire, l’album ne convient pas à une époque encore fortement marquée par les idéaux hippies. Comment une jeunesse marquée par les odes à l’amour et à la paix aurait-elle pu être séduite par un groupe qui chantait le sadomasochisme, la légèreté , et la toxicomanie ?

Résultat, l’album est achevé par une critique particulièrement virulente qui fustige une cacophonie digne « de la pire débilité avant-gardiste ». Cet acharnement condamne l’album à un échec commercial retentissant, et seules 500 000 copies de l’album auraient été vendues, un chiffre ridicule pour l’époque. Sauf que, selon la légende, ces 500 000 acheteurs ont tous fondé un groupe.

Cette citation paraît quelque peu pompeuse, mais devient plausible dès que l’on écoute cette musique. Avec les faibles moyens dont ils disposent, le Velvet invente le minimalisme punk à grands coups de riffs bousillés.

Loin de se limiter à cette influence, l’album a aussi inspiré ses plus grands contemporains. Bowie n’a jamais caché sa fascination pour cet album, qui l’a sans doute aidé a créer le personnage androgyne et décadent de Ziggy Stardust ; et les Stones s’y sont sans doute abreuvés pour imaginer les thèmes plus malsains de Beggars Banquet.

D’une certaine façon, et malgré son échec, The Velvet Underground and Nico » a sans doute débarrassé le rock de la niaiserie hippie.

Retrouve une autre critique de Lennon62 sur lesyeux-fertiles : ACDC –  Highway to Hell.

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About lennon62

Avant d’entamer une collaboration que j’espère riche, il est essentiel que je me présente à vous, humbles lecteurs. Comme mon pseudo semble l’indiquer, je suis ici dans le but de partager ma passion pour le rock dans toute sa diversité. Pour remplir cet objectif, j’ai bâti un site que je gère depuis quelques mois déjà. Mais comment a-t-il chopé le virus me direz vous ? (À moins que vous vous en foutiez mais faites au moins semblant pour contribuer au bon déroulement de cette présentation !) Et bien, quand on évoque mes premiers émois musicaux, je me remémore immédiatement les nuits de voyages où « the rising » tournait en boucle sur l’auto radio. Après de longues heures passées à écouter AC/DC , Status quo, Les Who etc …, j’ai complèté ma culture rock en cherchant mes groupes fétiches dans d’autres genres (prog, folk rock , punk …). Ces découvertes, je les ai faites grâce aux heures passées a lire et relire les chroniques de certains albums et autres documents. C’est à partir de ce matériel que j’ai pu forger ma vision de la musique rock. Cette vision, je vous propose de la découvrir à travers mes articles.

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