lennon62/ 3 comments

Depuis leur début dans les années 60, les Beatles connaissent une ascension fulgurante. Avec le succès du single « Love Me Do », le groupe est devenu un phénomène de mode surexploité par le show business. Dès 1965, le groupe est numéro 1 des ventes de single aux États-Unis.

Pour rentabiliser au mieux ce succès impressionnant, le management des Fab Four ne tarde pas à les lancer dans le cinéma : le résultat sera le film  A Hard Day Night  qui est surtout un témoignage de l’ampleur de la beatlemania. On retiendra aussi sa bande-son qui atteint elle aussi le sommet des charts.

Et puis, le groupe eut envie de profiter de ce succès pour produire des albums plus fouillés : c’est ainsi que sortirent Revolver et Rubber Soul, deux albums qui montraient déjà qu’ils étaient plus qu’un groupe de pop à succès.

D’ailleurs, les Fab Four ne supportent plus l’hystérie de concerts où ils ne s’entendent même plus jouer ; ils prennent donc la décision d’arrêter la scène afin de se concentrer sur la production de leurs albums. McCartney a d’ailleurs une idée pour débarrasser le groupe de la pression de la beatlemania : le prochain album présentera le concert d’un groupe imaginaire incarné par les Fab Four. Ce concept donne donc naissance à Sergent Pepper Lonely Heart Club Band, sorti en 1967.

Le concept en lui-même aurait déjà suffi à justifier l’importance de cet album car, grâce à lui, Sergent Pepper représente l’apogée du format 33 tours : fini les 45 tours dont on fait un album à la va-vite, l’album doit désormais être une œuvre cohérente. Cette révolution fait passer le rock dans « l’âge adulte ». On peut aussi imaginer que, sans cette petite révolution culturelle, des albums tels que Tommy des Who ou SF Sorrow des Pretty Things n’auraient jamais vu le jour.

Et la grandeur de cet album ne s’arrête pas la. Car la musique est tout simplement fascinante de bout en bout. L’affaire démarre sur le riff psychédelique de « Sergent Pepper », rapidement rejoint par tout l’orchestre des chœurs solitaires. Le titre est agrémenté des applaudissements d’un faux public, et nous plonge d’emblée dans un récital qui a déjà des ères de moment historique.

Arrive ensuite la meilleure chanson chantée par Ringo Star : « With a Little Help From my Friend ». Soutenu par des chœurs nostalgiques, c’est aussi un des meilleurs titres des Beatles. Et puis il y a « Lucy In The Sky With Diamond » et son clavier psychédélique. Le groupe a en effet découvert les drogues lors de son passage en Amérique, grâce à un certain Bob Dylan. Si cette drogue semble influencer tout un pan de la pop culture, les Beatles n’éviteront pas cette influence. Certains avanceront d’ailleurs que le titre fait référence au LSD, hypothèse vite démentie par le groupe.

Et puis arrive le clou du spectacle, la cerise sur le gâteau pop, le sommet du duo Lennon/Mccartney , le grand « A Day in the Life ».

Tout commence par une complainte mélodieuse de Lennon : « I read the news today ho boy » aussi splendide que sombre. Pour contrebalancer la tristesse de cette entré en matière, McCartney construit un intermède plus léger et aussi fascinant.

Par son écriture plus complexe, le titre annonce déjà l’avènement du rock progressif. Deux ans avant King Crimson , les Beatles montraient que le rock pouvait s’affranchir des codes du blues pour défricher des territoires sonores inconnues. Tient-on ici le morceau pop le plus abouti de tous les temps ?

Une chose est sûre, Sergent Pepper est un chef d’œuvre hors du temps.
50 ans plus tard son génie est toujours là, intacte.

REF11/17/041

3 Comments

  1. Lennon62

    Merci beaucoup.
    Vos commentaires me motivent pour la suite 😉 .

  2. Legereimaginareperegrinareblog

    Et cette fois encore je ne suis pas déçue

  3. Legereimaginareperegrinareblog

    Voilà mon rendez-vous tant attendu…J’adore cette chronique tellement instructive et intéressante sur une partie de l’histoire de la musique 🙂

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