Convergences | Sur les traces de…Christine Brunet, tome 2.

Sur les traces de…tome 2 avec “Convergences”, second thriller chroniqué sur ce site. Première apparition du duo explosif composé de la légiste Gwen Saint-Cyrp et l’inspecteur Yvon Signac, personnages que nous retrouverons dans des enquêtes ultérieures…Mais ce sera pour une autre fois…

Convergences , septième roman de Christine Brunet, est paru en octobre 2015 aux éditions Gascogne. C’est la première apparition du médecin légiste Gwen Saint-Cyrq et de convergencesson collègue Yvon Signac.

Tous les ingrédients d’un bon film d’aventures figurent dans ce roman: poursuites, rebondissements, enlèvements, bagarres, exploration de souterrains mystérieux, trafics en tous genres…Convergences est construit selon un plan complexe d’intrigue à tiroir qui se situe sur plusieurs niveaux imbriqués les uns dans les autres avec de nombreuses ramifications; pourtant, chacun d’entre eux ramène au même point de “Convergence”: Gwen Saint-Cyrq.

Le style très fluide adopte un mode d’expression presque télégraphique dans les moments d’action ou de tension, ce qui les rend plus forts, plus immédiats en quelque sorte, avec un suspense haletant, comme au cinéma: “Une pente ascendante, une porte, entrouverte. Ils échangèrent un regard méfiant (…) derrière, des escaliers et le silence(…) Un palier donnant sur d’autres battants. Du pile ou du face…Toujours aucun bruit.” (Page 216).

Les descriptions sont très précises, très réalistes, comme ce moment où Gwen progresse dans le conduit du souterrain: “Grimper, ensuite…Les orteils écrasés contre la paroi, les doigts crispé sur la moindre aspérité, chaque centimètre gagné était une victoire. Un autre coude à négocier, plus simple parce qu’à plat. Elle en venait à regretter le trou boueux des oubliettes(…)Elle poussa la grille de l’épaule en y jetant ses dernières forces. La protection en ferraille céda brusquement et alla percuter une lampe sur le bureau juste au-dessous. Le bruit de sa chute se répercuta dans le vide.” (Page 183). Des phrases courtes, des mots qui s’enchaînent donnent cette impression de proximité, un peu comme dans un film, comme si le lecteur vivait les aventures des personnages en direct. Procédé qui entretient une certaine tension qui donne envie de progresser dans le roman page après page, avec fébrilité…

L’intrigue:

Suite à la disparition de son épouse Jeanne, et bien que le corps n’ait pas été retrouvé, le marquis Martin de Saint-Amand de Fontalèvre, diplomate, est accusé de l’avoir tuée. Le marquis n’a pas d’alibi et, comble de malchance, le couple venait d’avoir un violent accrochage devant témoins. Ils se trouvaient au château de Puymartin pour quelques jours de vacances.château d epuymartin

Marie-Anne et Luc, inspecteurs de l’équipe de Renaud Marsan de SIRC ,envoyés sur place pour mener une enquête, ont également disparu. On est sans nouvelles d’eux depuis quatre jours.

Fait intriguant: deux ans et demi plus tôt, un sans-abri et deux retraités ont également disparu sans laisser de traces. Ces disparitions mystérieuses ont-elles un lien avec les disparitions de Jeanne et des deux policiers?

Suite à la prière de son ancien chef, Gwen accepte de mener une enquête sur les lieux des disparitions. Partie en reconnaissance dans les environs de Sarlat, Gwen trouve un squelette humain à moitié enfoui dans un chemin dans les sous-bois de la forêt de Badane, située entre Commarque et Sireuil (Je rassure les lecteurs qui ne connaîtraient pas cette région: une carte détaillée figure au début du roman); puis elle trouve un autre cadavre. Mais pourquoi la gendarmerie de Sarlat ne répond pas à ses appels?

Une fois l’enquête close, chacun repart de son côté, Signac à Paris, Gwen à Marseille où elle a enfin accepté de travailler au IERM, avec Sillas Lajoigny qui devient donc son nouveau patron. Pourtant, lorsqu’elle retrouve quelques échantillons qu’elle pensait détruits, elle décide de reprendre l’enquête sur Saint-Amand car elle pense que le diplomate, malgré sa relaxe, n’est pas aussi clair que la précédente enquête l’a déterminé. Elle retourne donc dans le Perigord et découvre que Signac, affecté à la protection de Saint-Amand, est également sur place. Lajoigny accepte de “prêter” Gwen à

périgord noir
Périgord Noir

Marsan afin de boucler l’enquête et de répondre aux questions laissées en suspens. Qui faisait le vide en tuant les protagonistes les uns après les autres? Giron sur les ordres de Diane? Giron seul pour assurer ses arrières? A moins que la marionnette n’ait décidé de couper ses fils et de prendre le large avec tout ou partie du butin convoité par la bande?

L’intrigue, bien plus complexe qu’on aurait pu le croire, s’avère un vrai sac de nœud: quelle est l’implication réelle de Josépha, la veuve de Jérôme Signac? Que mijotait le frère d’Yvon Signac au moment de sa mort? Était-il un “ripou”? Autant de questions qui devront un jour ou l’autre trouver leur réponse…

L’enquête: 

A l’instar des autres compartiments du roman, l’enquête, son déroulement, ses aspects techniques sont très bien décrits et documentés, donnant l’impression de regarder un film. Ainsi, voir Gwen à l’oeuvre est très instructif: “Elle tira les gants de latex du petit sac à dos noir qui ne la quittait presque jamais en mission et souleva délicatement le chemisier taché de boue orange (…) Elle tira un petit sachet plastique zippé, une pince à épiler, effectua quelques prélèvements, juste au cas où, puis rangea le tout dans la poche translucide. Elle bascula le corps doucement sur le côté et découvrit une blessure profonde à la base du crâne…” (Page 41)…”Elle inscrivit rapidement quelques mots sur un calepin ouvert à côté d’elle puis passa aux échantillons prélevés sur la fille. Quatre sachets. Elle choisit le résidu de terre sous les ongles, prépara le prélèvement, étiqueta les préparations et en plaça une goutte entre les lamelles du microscope électronique tandis qu’elle insérait le reste dans le spectromètre. Elle plaqua son œil droit contre l’optique, effectua un réglage minutieux et plissa le front…” (Page 43).

Mon avis:paysage provençal

Roman bien construit, malgré son foisonnement qui peut parfois égarer le lecteur. Beaucoup de scènes d’action, de suspense aussi, de moments où l’on se demande comment les enquêteurs vont se sortir du pétrin dans lequel ils se sont fourrés, soit par négligence, soit par imprudence, non respect des consignes de sécurité, rendant la lecture addictive.

Ce qui m’a particulièrement plu: les nombreux fils de cette histoire nous ramènent sans cesse au passé trouble de Gwen, à son enfance particulière, le contexte dans lequel elle a grandi, les personnes qui l’ont élevée, façonnée en quelque sorte, l’auteur ne révélant que des bribes savamment distillées tout au long du roman. Également le rythme soutenu, sans temps mort: on ne s’ennuie jamais dans les romans de Christine Brunet qui entraîne ses lecteurs dans une enquête pleine de surprises et de rebondissements, avec des personnages complexes, ni tout bons, ni tout mauvais, irritants ou attachants mais qui ne laissent pas indifférent.grotte sous-marine

Un excellent thriller passionnant, qui se lit de bout en bout malgré les 400 pages, qui a le mérite de distraire tout en faisant découvrir de très belles régions, des paysages magnifiques sur lesquels on s’attarde malgré la tension narrative. A quand la suite ???

Extrait:

“Le bruit de sa respiration dans le détendeur, la descente lente dans l’univers bleu limpide vers des fonds tapissés de posidonies entre lesquelles broutaient et chassaient dorades, rascasses, mérous, girelles et sars…Magnifique. Cette quiétude parfaite lui fit oublier quelques secondes le but de sa plongée.” 

REF11/17/008

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