SNOWPIERCER, il roule sans jamais s’arrêter, mais vous savez ce qu’on dit… il ne faut jamais dire jamais !

Snowpiercer | Bien qu’il soit étonnant de voir apparaître le nom de Chris Evans aux côtés de celui de Joon-Ho Bong (réalisateur coréen connu pour Memories of Murder et dernièrement pour Okja), SnowPiercer n’a pas vendu toute son âme à Hollywood, je peux vous l’assurer. 

 

Sorti en 2013, Snowpiercer est un film qui mêle la science-fiction et le drame. 

Résumé de Snowpiercer : 

Nous sommes en 2031. La Terre subit une période glacière depuis plus de dix ans. Les derniers rescapés de l’Humanité se sont installés dans le Transperceneige – un train long de centaines de wagons – pour survire à l’hostilité du dehors. Seul rempart entre ses occupants et la mort, le train est considéré comme sacré. C’est pourquoi tout doit être mis en oeuvre pour sa sauvegarde et son bon fonctionnement. Ré-instauration d’une hiérarchie des classes et sacrifices sont acceptés par Wilford, concepteur et gardien de la machine. Mais les “queutards” (occupants des derniers wagons) ne l’entendent pas de cette oreille.

Les points forts:

Honnêtement, il y en a beaucoup. Bien que Joon-Ho Bong ait accepté de rendre son film assez accessible, ce dernier n’en demeure pas moins plein de bon sens. Utilisant tour à tour l’utilitarisme pour la survie de l’Humanité et l’immuabilité  de la nature humaine destructrice, deux idées fréquemment utilisées dans les films post-apocalyptique, le réalisateur y apporte un souffle nouveau en relativisant la réelle importance de la survie.

Autre bon point, Joon-Ho Bong a réussi un coup de maître en s’acquittant des contraintes du petit espace. Aucun plan ne manque de recul, même quand il filme la largeur du train. On peut le voir lors du ralenti où Curtis se bat à la hache.

Aussi, la violence, bien qu’elle soit importante dans le film, est montrée avec toute la subtilité qu’il convenait d’avoir. Esthétiquement parlant, Joon-Ho Bong pose une atmosphère lourde et noire qui contraste avec l’extérieur blanc et pur. On peut se demander s’il n’a pas cherché à montrer que la noirceur se trouve là où l’Homme se trouve.

Enfin, les acteurs font bien leur travail et les insertions, comme les gestes, la mesure des garçons ou la chaussure sur la tête rendent la découverte de la fin absolument palpitante. Mention spéciale à Song Kang-Ho tout de même,  qui réalise une merveilleuse performance dans son rôle de junkie un peu ahuri. Le fait qu’il se situe en dehors du combat idéologique qui oppose Curtis et Wilford allège certains moments.

Les points faibles :

Bon, je n’ai pas lu la BD d’où provient ce film, mais un truc m’a chagriné tout du long… LA LOGISTIQUE DU TRAIN. Non mais ? Les gosses, ils passent par le harem et la boîte de nuit pour aller en classe ? Comment les gens circulent ? Comment ils… ? Vraiment, sans étage ayant pour unique objectif de créer une circulation, je ne vois pas comment tout ça est possible.

Après, j’avoue avoir eu du mal à m’attacher. Que ce soit à Edgar, au combattant muet ou même à Curtis et ça… c’est un peu triste. Parce que s’il y avait eu un plus grand attachement, la fin aurait eu plus d’impact sur moi.

Et cette fin ? Bien qu’elle réponde à nos questions principales et qu’elle nous donne même un peu de grain à moudre, je l’ai trouvée bâclée. Mais peut-être que c’était son objectif ? Après tout, fallait-il rendre la dernière cigarette de l’humanité importante ? Fallait-il la fumer pour s’inoculer le poison ? Où fallait-il la laisser partir en fumée, sans même la regarder ? Parce que des choses sont plus graves que la fin d’une cigarette, que la fin de…

Conclusion : 

Je vous recommande ce film, ça c’est clair. Mais ! Soyez indulgent avec le réalisateur qui n’a pas pu développer tout l’idéologie qu’il prônait (le film aurait fait 5 heures au moins), je pense qu’avec la liberté absolue, il aurait fait quelque chose d’encore plus beau et plus grand. Mais franchement, c’est déjà un très bon film.

C’était DeuxGodillots et je vous dis à bientôt !

REF09/17/013

15 commentaires sur “SNOWPIERCER, il roule sans jamais s’arrêter, mais vous savez ce qu’on dit… il ne faut jamais dire jamais !

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  1. Je comprends les réserves quant à l’organisation du train mais je crois qu’il ne faut pas nécessairement chercher une totale vraisemblance dans le fonctionnement de ce train. Il n’est qu’une métaphore, une dystopie qui nous amène à nous projeter vers de douloureux lendemains. “Snowpiercer” est un film d’action en effet (ce que la BD n’est pas complètement d’ailleurs), plutôt enlevé, et très original dans son traitement ce qui ne gâche rien.

    1. Je ne parle pas d’une véracité qui, au fond, n’est en effet pas le noeud du problème. Je parle simplement d’un côté très étrange qui m’a sauté aux yeux et réellement interloqué. Maintenant il est clair qu’il s’agit d’une métaphore de l’échelle sociale mais la compléter m’aurait fait plaisir ! 🙂

  2. Ben si, y a des blockbusters heureux et fiers de l’être. J’en ai rencontré un ce soir, ça s’appelle « Snowpiercer, le Transperceneige », d’un cinéaste coréen du sud. Ben, j’ai bien fait d’aller au ciné ce soir! Mes dernières expériences dans ce cinéma de genre n’avaient guère été très concluantes -doux euphémisme!-, disons que, là, je suis un peu réconcilié. On ne va peut-être pas parler de chef-d’œuvre, mais, pour le moins, d’un film intéressant.
    Passons sur le fait que j’ai, hélas, encore une fois, eu droit à la Version Française, et disons, d’entrée de jeu, qu’il s’agit d’abord et avant tout d’un bon blockbuster, images magnifiques, effets spéciaux très soignés, musique pertinente, jeu des acteurs à la hauteur, bref, de ce point de vue, on ne s’ennuie pas.
    Mais, si le scénario est assez convenu, ce n’est pas là que réside l’intérêt du film. Par contre, il est très ancré dans le monde contemporain et les problèmes politico-écologiques actuels. Jugez plutôt. Pour lutter contre le réchauffement climatique, toutes les nations du monde ont fini par se mettre d’accord, mais, en cherchant à refroidir la terre, les apprentis sorciers ont créé une nouvelle glaciation. Seuls ont survécu ceux qui ont pu entrer dans un train hermétique qui roule constamment tout autour du monde!
    En fait, l’intérêt du film, c’est qu’on va se rendre compte petit à petit qu’à partir d’un scénario somme toute assez banal, on en arrive à une métaphore du monde contemporain, que le réalisateur va filer de façon cohérente et parfaitement pertinente jusqu’au bout. Nous sommes dans le monde ultra-libéral: à l’arrière du train, le peuple, qui, dix-huit ans plus tôt a pu monter, un peuple qui survit, qui fomente des révoltes, voire des révolutions, contrôlé par les chiens de garde du régime, soldats, policiers et forces de répression. Plus on remonte vers l’avant du train, plus on monte dans l’échelle sociale, jusqu’à côtoyer les dirigeants suprêmes. La pyramide sociale est toute en longueur. En outre, l’idéologie dominante est affirmée de manière récurrente: chacun est à sa place, tout est en ordre, la révolte est inutile, à la limite de l’ingratitude (Les pauvres et les classes moyennes survivent grâce à la gentillesse des riches). On a droit finalement à une belle analyse de la société actuelle et de la mondialisation.
    Naturellement une énième révolte se fomente, qui ira jusqu’au bout, mais, évidemment, le pouvoir a tout manipulé, le pouvoir maîtrise tout: belle manipulation des masses! Cependant la fin prévue n’est pas tout à fait celle qu’on attendait et il me semble entrevoir une note d’espoir: l’apocalypse finale ne laissera comme survivants qu’une asiatique et un jeune noir. L’espoir est là, le Tiers-monde finit par triompher! Vu comme cela, le film est beaucoup plus que ce qu’il prétend être, et, même si la philosophie du propos est un peu simpliste, on est quelque peu étonné et heureusement surpris par ce blockbuster hors norme…

  3. beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte et un enchantement. un blog très intéressant. J’aime beaucoup. je reviendrai. N’hésitez pas à visiter mon blog. au plaisir

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Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

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