Shining, de Stephen King, le roman culture du genre horreur

C’était Halloween, hier. Et j’adore cette fête, parce que j’aime énormément frissonner, me faire des petites frayeurs, et puis ensuite, quand je n’arrive pas à dormir la lumière éteinte, eh ben en fait, j’assume. Ma toute première expérience horrifique littéraire a été avec le chef d’oeuvre de Stephen King, Shining. Je remets d’ailleurs le couvert de temps en temps, tellement c’est bon !

Un huis-clos aux personnages parfaitement fous

Si le roman est un peu long à démarrer, la situation familiale a déjà de quoi inquiéter le lecteur. Dès les premières lignes, on ne peut pas dire que Jack Torrence soit un père modèle, ou même une personne attachante. Je l’ai détesté dès le début, à cause de son attitude d’incompris, de victime d’une femme méfiante, de pauvre père non-soutenu et d’écrivain qui allait devenir une star de la littérature, mais que personne ne le lui souhaite. Bref, pauvre de lui. Sa femme, Wendy, la vraie victime de ce mariage raté, personne fade et sans caractère, soumise de nature à cause d’une mère envahissante, toujours à la recherche d’amour, mais qui attire toujours la maltraitance, me faisait de la peine, mais avait de quoi m’exaspérer également. Puis il y a Danny, le personnage central, qu’on a envie d’arracher à ses parents pour son propre bien, puisqu’il est capable de lire leurs pensées. Un père alcoolique et une mère dépressive, ce devait être du sacré cinéma à observer dans leurs cervelles pour le pauvre enfant. Ce que je vous expose là, en fait, c’est une psychologie de personnages travaillée à la perfection.

Résultat de recherche d'images pour "shining"

Un hôtel vivant, personnage à part entier

Tous les mouvements de l’auteur sont calculés, toutes les caractéristiques des personnages bien à leur place, données à découvrir au lecteur aux bons moments. Et il en va de même avec chaque signe paranormal qu’il nous révèle. Cela commence doucement, avec un événement qui pourrait être naturel, mais qui, adolescente, m’avait énormément travaillé, à cause, justement, de son côté bien trop naturel ! Puis, graduellement, l’Overlook Palace se libère et prend vie, sous les yeux d’une famille manipulée par des esprits et un enfant trop protecteur envers ses parents.

Résultat de recherche d'images pour "stanley hotel"

Le Stanley Hotel, Colorado, duquel King s’est inspiré pour l’Overlook Palace, est réputé hanté

L’apothéose de l’angoisse

La tension monte et monte toujours, comme la pression dans une chaudière, pour finir en apothéose. La fin est des plus spectaculaires. En soi, elle n’a rien de surprenant, mais on est tellement happé par l’histoire, qu’on oublie les mêmes éléments que les personnages, et que l’on se retrouve tous ensemble au pied du mur, comme si nous étions, nous aussi, dans ce maudit hôtel. Quand je termine cette histoire, impossible pour moi de dormir correctement, tant le contenu me préoccupe. L’Overlook Palace est obsédant, jusqu’à poursuivre le lecteur dans sa réalité. La tristesse de Danny m’avait touchée et envahie, mais chaque bruit étrange dans la maison me faisait me recroqueviller sur moi-même. Un régal lorsqu’on est fan du genre, mais pas lorsqu’on travaille le lendemain.

Bande-Annonce du film de Stanley Kubrick

Et les adaptations alors ?

Je précise d’emblée que je préfère les adaptions fidèles aux romans, qui mettent en scène les idées d’un auteur tout en les embellissant. Je vais certainement me faire lyncher comme chaque fois que je le dis, mais pour moi, le film de Kubrick est un navet… Et il se trouve que Stephen King est d’accord avec cela, puisqu’il expliquait au magazine Rolling Stone (retranscrit par Le Figaro) que «Le livre est chaud, le film est froid ; le livre finit en flamme, le film finit dans la glace. Et il est misogyne.» Jack Torrence fou dès les premières scènes, et «Wendy Torrence [qui] y est présentée comme une espèce de serpillière hurlante», points sur lesquels je le rejoins. Du coup, il a décidé de réaliser une mini-série de son roman en 1997, intitulée The Shining : Les couloirs de la peur, et je l’ai trouvée géniale. J’ai tout aimé, que ce soit l’ambiance, les personnages, les frissons. Je la conseille à tous les fans du livre, et à tous ceux qui n’ont pas aimé le film. La série nous montre un tout autre aspect de la personnalité des différents protagonistes, et c’est tout simplement parfait à mon sens. A voir. Cela dit, il est vraiment difficile de trouver une bande-annonce de qualité.

Résultat de recherche d'images pour "it's like stephen king says"

Bref, Shining est un roman un peu long au début, avec des personnages agaçants, mais un enfant si attachant et une ambiance si horrifique qu’on ne peut simplement détourner le regard de ce que l’on voit. L’Overlook Palace et Danny fascinent tant que King a publié une suite, intitulée Docteur Sleep, que j’avais également adorée, bien qu’elle prenne une toute autre tournure. En tant qu’amateur du genre, Shining est à lire au moins une fois dans sa vie.

Retrouvez tous mes articles sur mon blog Sorbet-Kiwi, et notamment mes chroniques des romans de Stephen King.

REF11/17/001

7 commentaires sur “Shining, de Stephen King, le roman culture du genre horreur

Ajouter un commentaire

    1. En classe ?! What ?! Mais c’est un film d’horreur oO Je ne suis pas fan du film, parce que j’aime trop le livre, mais en soi, il reste flippant quand même quoi. Je suis choquée ^^ Je te conseille absolument le Roman cela dit, très différent du film, ce sera une redécouverte de l’oeuvre 🙂

      1. Ouais ben j’étais un peu choquée aussi, je peux te dire 😛 entre la vieille nana toute creepy dans son bain et la poursuite à la hache, ça fait des souvenirs sympa pour des ados de 16 ans hahaha
        Remarque, à 13 ans ils nous ont montré Sleepy Hollow aussi, y en a qui ont dû sortir parce que la vue du sang les mettait trop mal à l’aise 😅

Laisser un commentaire

Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :