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À la fin des années 1923, un corps est repêché dans le fleuve Chicago.


Les années qui suivent, chaque mois, à la même date, un homme arpente les allées du cimetière. Il vient fleurir la tombe de la victime. Comment celle-ci a-t-elle filé sa corde ?


L’histoire commence deux ans plus tôt. En 1921. Elle relate les événements qui ont conduit au drame.

Présélection

Catégorie : Premier Roman

Titre : Chicago Requiem

Auteur : Carine Foulon

Éditeur : Dreamcatcher

Genre/Thème : Thriller atypique

Parution : Juin 2017

Hey Hey ! Nouvelle lecture achevée, belle découverte effectuée, vous me connaissez assez pour savoir qu’il m’est impossible de ne pas vous la partager, hein ! Je vous partage toujours mes belles trouvailles, n’est-ce pas ? Sauf, évidemment, quand il s’agit de blondes à forte poitrine… Celles-là je les garde pour moi 😊

Tout de suite, je vous demanderai de ne surtout pas vous laisser tromper par cette couverture plutôt teenage. Il ne s’agit aucunement d’une romance Young Adult ou New Adult ou je ne sais quel autre sous-genre qui se termine par Adult (C’est quoi d’ailleurs ces machins ?). Ce roman est un thriller atypique qui nous plonge en plein coeur de Chicago. Bah Congo Requiem ne se passe pas au Congo, hein ? Et pas le Chicago tout beau tout chaud d’aujourd’hui, non. Plutôt celui des années 20 : la prohibition, la mafia, le crime organisé, le sexe, Al Capone. Hell yeah !

Chicago Requiem participe au Prix des Auteurs Inconnus. Vous savez, le prix des auteurs inconnus pas si inconnus que ça. Pour les présélections, très peu d’éléments pour juger : la couverture, la quatrième et les dix premières pages du livre. Alors vous vous doutez certainement que les premières pages de ce roman sont assez intrigantes pour avoir réussi à trouver une place parmi les dix présélectionnés de sa catégorie sachant qu’il y avait du lourd dans celle-ci. L’entrée en matière se veut alléchante et intrigante. En lisant le prologue, vous n’aurez qu’une envie : savoir comment se termine cette histoire. Et ça tombera bien : vous y serez presque, plus que 416 pages à lire.

L’auteur nous fait découvrir, de façon progressive, l’histoire des Henderson’s, une famille fortunée, vaniteuse et pour le moins particulière de Chicago, divisée entre haine et jalousie, entre secrets et trahisons. Une famille bourgeoise, quoi ! Nous suivons principalement William Henderson et sa femme Suzane, un couple filant le parfait amour – du moins en apparence – mais dont l’existence même semble poser problème à certains membres de la riche famille. Les torchons et les serviettes toussa toussa. Mais William n’en a que faire de ce que pensent les gens. Elle est belle, affectueuse, intelligente. Elle s’appelle Suzane, il l’appelle Suzy. Tout baigne. Mais sa Suzy n’est peut-être pas l’ange qu’elle parait être. Elle partage un lourd secret avec l’un de ses cousins. Les femmes, toujours des petits trucs moches planqués par ci par là. La découverte de ce secret l’excède et le rend furibard. Il en veut à son cousin, et quelques jours plus tard, celui-ci est retrouvé mort assassiné. Pas de bol. Suite à ce meurtre pour lequel il deviendra le parfait suspect, il verra son quotidien complètement chamboulé.

C’est l’histoire d’un homme détruit, usé par les coups durs qu’il a subit, qui se mettra un point d’honneur à faire tout, mais absolument tout ce qu’il est possible de faire pour protéger sa famille d’une société sans foi ni lois, quitte à en perdre son innocence. L’histoire d’un homme qui va devoir nager à contre-courant de la raison et des moeurs. L’histoire d’un homme frêle, pusillanime qui va devoir se durcir, se forger une forte personnalité.

On remarque tout de suite une plume vive et transcendante qui berce et secoue, qui cajole et transporte, qui vit et mord. L’auteur nous livre un récit souple et mouvementé en même temps. Une vraie schizo ! Un récit qui donne vie à des personnages incroyablement attachiants, finement travaillés et parfaitement exquis. Un récit empreint d’une fluidité exaltante.

Le pitch nous parle d’un corps retrouvé en 1923 dans le fleuve Chicago. Mais cette histoire débute en 1921 et relate les faits qui auront conduit au drame. Après ce résumé, on peut s’imaginer marcher sur une corde raide, suivre un parcours linéaire et filiforme qui nous mène de façon prévisible vers une fin connue. Mais en réalité, il va s’avérer être un slalom déroutant qui nous donnera l’impression de suivre une toute autre histoire. Une intrigue bien menée qui nous traine d’hypothèses en hypothèses. Et plus les pages défilent, plus l’on se questionne sur l’identité de la victime dont nous parle le résumé. Aucune piste tangible quand à cela, simplement une suite d’évènements d’une cohérence irréprochable et parfaitement ficelés qui tissent de fil en aiguille la toile finale. Mais qu’est ce que c’est bien mené.

Ce roman livre un récit équilibré : ni trop bon, ni trop couillon. Ni trop simple, ni trop complexe. Un récit original criant d’authenticité et très imagée, un peu trop quand ça devient piquant. Mais piquant, je vous en dis pas plus, hein. C’est piquant épicez tout (évidemment sans vouloir faire un mauvais jeu de mots).  On s’imprègne de l’atmosphère, des émotions ressenties par les différents personnages, de leurs craintes, de leurs espoirs, de leur détermination.

L’alternance de la narration est un très bon point et un plus à cette lecture. L’auteur raconte l’histoire à travers différents points de vues qui permettent de mettre en relief le caractère et les pensées des personnages que nous suivons ici et ainsi, chacun fait de cette histoire la sienne. Cela permet aussi de distiller subtilement des détails  qui facilitent la compréhension de l’intrigue et constituent les pièces d’un puzzle plus ou moins complexe que le lecteur assemble au fil des pages. La tension dramatique n’en est que mieux préservée.

Je vous parlais plus haut de la qualité des personnages. C’est à mon sens le plus fort point de ce roman. Ils ont tous des personnalités très divergentes et brillent chacun par leur capacité à s’adapter par rapport à l’environnement qu’ils côtoient. Et leur évolution est remarquable. L’auteur a aussi cette facilité de nous plonger à travers ces personnages, de nous immerger dans les tréfonds de leur âmes afin de nous aider à mieux comprendre leurs craintes et leurs motivations individuelles. Ce qui est aussi agréable dans ce livre, c’est la faculté de l’auteur à traiter des sujets sombres et sensibles sans jamais prendre de gants. Elle n’a pas peur d’y aller sans candeur, de franchir les limites du tolérable même si le récit en lui-même reste plutôt soft. Je la verrais bien écrire un roman plus noir que ma couleur de peau. Sa plume laisse entrevoir une capacité à regrouper ces petits ingrédients qui font des bons thrillers tout sombres.

L’antihéros et le héros ont une relation exiguë, fusionnelle qui renforce la tension dramatique régnant dans cette histoire. Proche de mes amis et encore plus près de mes ennemis. Oui, ça c’est ma version, vous n’avez quand même pas cru que j’allais copier tout bêtement, noméhoo.

Niveau suspens, il n’y a rien à redire. C’est du correct. J’ai rarement eu cette impression d’avancer les yeux bandés (et pas uniquement les yeux vous avais dis-je), de n’avoir aucun soupçon sur l’endroit où l’auteur me mène. Ce qui peut paraître paradoxal étant donné que le pitch semble nous indiquer la destination finale. Au cours de la lecture, il est juste impossible de faire le lien entre ce qui se passe et ce qui doit se passer au finish et ça, c’est vachement balèze. C’est comme si la plume de l’auteur nous faisait “Hey, oublie ce que tu crois savoir sur la suite et suis ce qui se passe MAINTENANT, il n’y a que ça qui compte”. Et cette connerie marche, du tonnerre !

En sommes, je pense qu’il n’est plus nécessaire de mentionner que cette lecture a été un coup de cœur, cela va de soi. Je vous invite donc à découvrir un premier roman brillant, angoissant et relaxant. Une histoire qui vous happe dès les premières pages, qui vous transporte et vous entraîne dans un univers halant. Les pages défilent tous seuls comme par magie. Que demander de plus. Excellent moment de lecture pour moi. C’est le genre de livre que je serais tenté de relire encore et encore. Allez foncez et bonne lecture !

Lecture effectuée en écoutant :

  • Mad World, Gary Jules
  • Knocking on Heaven’s door, Bob Dylan
  • Photograph, Ed Sheeran

REF11/17/040

3 Comments

  1. Legereimaginareperegrinareblog

    j’ai noté ce roman qui me tente bien

    1. Uncomptantpourriendeplus

      Il est génial. Tu me remercieras plus tard 😉

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