Benjamin Bailleux/ juin 4, 2018/ 0 comments

Issu d’un milieu favorisé, Paul Butterfield est initié à la musique très jeune. Il apprend d’abord la flute mais, après avoir fréquenté les clubs blues de Chicago, il apprend l’harmonica et la guitare.
C’est dans ces mêmes clubs qu’il effectue ses premiers concerts, et rencontre Elvin Bishop. Nourrissant une passion commune pour le blues, les deux hommes rejoignent la section rythmique de Howling Wolf pour former le premier groupe multi racial. Le Paul Butterfield Blues band est né.

Après avoir intégré le guitariste Mike Bloomfield, le groupe est repéré par Paul Rotchild , qui vient de démarrer une carrière de producteur, et est à la recherche de la prochaine sensation pop. Si les sessions démarrent rapidement, Rotchild ne parvient pas à reproduire en studio la puissance et l’osmose que le groupe dégage en concert.

Malheureusement, les locations de studios ne sont pas gratuites, et Jack Holzman , le patron du label Elecktrat, commence à se rendre compte qu’il perd de l’argent. Il faudra toute la persévérance de Paul Rotchild pour le convaincre de garder ce groupe, qui s’apparente de plus en plus à un gouffre financier.

Les concerts ne sont guère plus encourageants, et Paul Butterfield joue parfois face à un publique hostile. Il faut rappeler que nous sommes au début des années 60, et les amateurs de blues ne voient pas l’intérêt d’un groupe de blues électrique à une époque ou les tauliers du genre sont encore en pleine forme.

Enfin sorti en novembre 1965, le premier album du Paul Butterfield blues band va rassurer le producteur comme la maison de disque. Balayant les doutes des puristes, il est l’acte de naissance du blues rock. En plus d’avoir enfin réussi à capter l’énergie du groupe, Paul Rotchild participe à la création d’un album qui va révolutionner le paysage musical.

Suite à sa sortie, Musselwhite signe un contrat d’enregistrement, Buddy Guy retrouve sont mojo grâce à la fée électrique, et le blues project d’Al Kooper dynamite les classiques d’Howling Wolf et Bo Diddley.

Mais la véritable pièce maitresse du groupe sera ce East West , sorti 1 an plus tard. Sur la pochette, une note pleine d’humour et de non-sens semble exprimer une volonté de s’éloigner de l’académisme du premier album. Le blues flirte ici avec le rythm n blues, sur huit pistes qui achèvent de poser les bases du mouvement blues rock.

Mais le clou du spectacle est contenu dans le morceau titre, qui clot l’album sur une jam rock résolument psychédélique. Si c’est le jazz qui donna envie au groupe d’allonger ses parties instrumentales lors d’improvisations interminables, « east west » est bien loin des instrumentaux complexes des Allman brothers.

Initié à l’acide quelques jours avant l’enregistrement de l’album, et après avoir découvert le sitar de Ravi Shankar, Mike Bloomfield propose au groupe de travailler sur un long instrumentale psychédelique. Ce morceau, le groupe l’improvisera d’abord en concert, jusqu’à ce qu’il trouve la bonne formule, qui servira de morceau titre.

Après l’enregistrement de l’album, le Paul Buttefield Blues Band part effectuer un concert en Californie. Alors qu’ils ne sont pas encore devenus des piliers du rock psychédélique, grateful dead, jefferson airplane, et country joe and the fish ont un choc devant l’improvisation planante du groupe de Chicago.

Une génération s’apprête déjà à prendre la relève, et c’est en partie grâce à ce est west .

Lennon62

About Benjamin Bailleux

Avant d’entamer une collaboration que j’espère riche, il est essentiel que je me présente à vous, humbles lecteurs. Comme mon pseudo semble l’indiquer, je suis ici dans le but de partager ma passion pour le rock dans toute sa diversité. Pour remplir cet objectif, j’ai bâti un site que je gère depuis quelques mois déjà. Mais comment a-t-il chopé le virus me direz vous ? (À moins que vous vous en foutiez mais faites au moins semblant pour contribuer au bon déroulement de cette présentation !) Et bien, quand on évoque mes premiers émois musicaux, je me remémore immédiatement les nuits de voyages où « the rising » tournait en boucle sur l’auto radio. Après de longues heures passées à écouter AC/DC , Status quo, Les Who etc …, j’ai complèté ma culture rock en cherchant mes groupes fétiches dans d’autres genres (prog, folk rock , punk …). Ces découvertes, je les ai faites grâce aux heures passées a lire et relire les chroniques de certains albums et autres documents. C’est à partir de ce matériel que j’ai pu forger ma vision de la musique rock. Cette vision, je vous propose de la découvrir à travers mes articles.

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