Benjamin Bailleux/ juin 14, 2018/ 0 comments

Depuis le bouillonnement créatif des années 60, le rock semble sans limite : les accords binaires autrefois prôné par Chuck Berry et autres Little Richard ne lui suffisent plus et, pour survivre, les groupes doivent innover.

Sous l’influence de King Crimson, le rock s’est rapproché des musiques plus écrites, comme le jazz ou la musique classique. Dans le même temps, Dylan a électrifié sa musique, et ses paroles plus mûres changent la perception des textes de chansons rock. À partir de là, le rock va attirer une multitude d’artistes, qui voient dans ce genre ultra-populaire un moyen de se faire connaître.Parmi ces œuvres, on retiendra particulièrement les pochettes de Roger Dean et Andy Warhol, ainsi que les films d’un Scorcese qui n’a jamais caché l’importance de cette musique dans son œuvre.

Venue de New York, Patti Smith est un autre exemple de ce rapprochement entre les artistes et les rockers. Pour payer son loyer dans un petit hôtel, où cohabitent morphinomanes et alcooliques, celle-ci vend les portraits qu’elle peint.

En parallèle, celle qui voue une véritable admiration à Rimbaud écrit des poèmes et se produit dans une église, où elle lit ses écrits soutenus par un simple batteur. 1970 la voit entrer de plain-pied dans la culture rock grâce au magazine Cream, où elle écrit des chroniques d’albums ; ce job lui permet surtout de créer ses premiers liens avec la scène rock, qui la voitcôtoyer Jimi Hendrix, Janis Jopli , et surtout le Blue Oyster Cult, pour lequel elle écrit les paroles de quelques titres (« Career of Evil » , « Baby Ice Dog » et « Fire of Unknown Origin »).

Quelques semaines plus tard, la poétesse est rejointe par ce qui devient rapidement le Patti Smith Group, avant d’être repérée par John Cale, l’ex-bassiste du Velvet Underground. Horses sort en 1975, et s’inscrit avec les premières œuvres des Stooges et des New York Dolls, comme un des plus brillants précurseurs du punk.

De son éducation chrétienne, la jeune Patti n’a gardé que quelques ambiances mystiques qui introduisent Gloria sur ces quelques lignes devenues cultes : « Jesus die for somebody’s sins but not mine ». Le groupe dynamite ensuite dans ce morceau des thèmes à grands coups de guitares proto-punk, ou brille l’influence de groupes hard/blues comme les Yardbirds. De son côté, Patti Smith chante avec une hargne qui n’a rien à envier à Iggy Pop ou aux futures vociférations de Johnny Rotten.

Cette fougue permettra d’ailleurs au groupe de se produire au CGBG,un haut-lieu de la culture underground qui verra défiler les Stooges, les Ramones, Lou Reed et autres icônes de la culture underground américaine.

Bien reçu par la critique à sa sortie, Horses permet à Patti Smith rejoindre Dylan et Morrison dans le cercle fermé des poètes du rock, tout en annonçant la vague punk à venir.

Lennon62

About Benjamin Bailleux

Avant d’entamer une collaboration que j’espère riche, il est essentiel que je me présente à vous, humbles lecteurs. Comme mon pseudo semble l’indiquer, je suis ici dans le but de partager ma passion pour le rock dans toute sa diversité. Pour remplir cet objectif, j’ai bâti un site que je gère depuis quelques mois déjà. Mais comment a-t-il chopé le virus me direz vous ? (À moins que vous vous en foutiez mais faites au moins semblant pour contribuer au bon déroulement de cette présentation !) Et bien, quand on évoque mes premiers émois musicaux, je me remémore immédiatement les nuits de voyages où « the rising » tournait en boucle sur l’auto radio. Après de longues heures passées à écouter AC/DC , Status quo, Les Who etc …, j’ai complèté ma culture rock en cherchant mes groupes fétiches dans d’autres genres (prog, folk rock , punk …). Ces découvertes, je les ai faites grâce aux heures passées a lire et relire les chroniques de certains albums et autres documents. C’est à partir de ce matériel que j’ai pu forger ma vision de la musique rock. Cette vision, je vous propose de la découvrir à travers mes articles.

Laisser un commentaire