lennon62/ décembre 26, 2017/ 1 comments

L’histoire de Neil Young commence en 1965 , lorsque celui-ci rencontre Stephen Stills. Les deux musiciens envisagent vite de créer un groupe mais, trop occupé par leurs activités respectives (Young a déjà son groupe et Stills est musicien de studio), ils se perdent de vue. Quelques semaines plus tard, lorsqu’il entend les Byrds reprendre « Mr Tambourine Man », Stills a une révélation : sa place n’est pas en studio mais dans un groupe.

Nous sommes en 1966 et Stills se met à la recherche de musiciens. Mais ses recherches pataugent et, après plusieurs jours, il se rappelle du jeune homme mystérieux avec qui il avait fait des projets un an plus tôt. Après avoir fini par trouver un batteur et un bassiste, celui que l’on appellera bientôt le Loner s’embarque à bord du vieux corbillard, qui transporte son matériel et les musiciens qu’il a rencontrés, pour répondre à l’invitation de son ami.

Ainsi naquit le Buffalo Springfield, dont la carrière météorique marquera à jamais la pop américaine. Seulement deux ans après ses débuts, le Buffalo Springfield se sépare et laisse derrière lui trois albums fascinants, passant de la country au psychédélisme avec le même talent de composition.

Stephen Stills ne tarde pas à rebondir en rejoignant l’ex-Byrds David Crosby, avec qui il forme le groupe folk rock Crosby, Still et Nash. Le premier album de la formation sort à peine un an après la dissolution de Buffalo Springfield et obtient un succès immédiat. De son coté, Neil Young vient de publier ce que beaucoup de fans considèrent comme son véritable premier album solo, Everybody Knows This Is Nowhere. Sorti la même année que l’album de Crosby, Still et Nash, il obtient le même succès.

La même année, Crosby Stills et Nash ont besoin d’agrandir leur groupe pour honorer une série de concerts. Ahmet Ertegun, le président d’Atlantic Records, leur suggère donc d’appeler Neil Young : le Loner accepte, à condition de pouvoir poursuivre sa carrière solo en plus de sa participation au groupe.

1970 voit donc Neil Young participer à l’enregistrement de Déjà Vu, qui deviendra vite LE classique signé Crosby, Stills, Nash et Young , et enregistrer un autre album solo à succès. Mais lors de la tournée de promotion, les relations entre les musiciens s’enveniment, et le groupe se sépare rapidement.

Neil Young part donc rejoindre le groupe Crazy Horse , qui a déjà participé à l’enregistrement de Everybody Knows This Is Nowhere. Et la troupe entame, en 1979 , la conception de ce Rust never sleep ». Beaucoup ont critiqué la simplicité de cette formation, et n’ont pas compris ce que Young pouvait trouver à ces musiciens au jeu très direct.

Rust Never Sleeps allait définitivement faire taire ces critiques. Enregistré dans les conditions du live, l’album est composé d’une partie acoustique et une partie électrique. Symbole de cette dualité, « My My Hey Hey » ouvre l’album en acoustique avant que la version électrique ne le referme dans un véritable déluge sonore.

Entre temps, Neil Young aura prouvé sur la première partie qu’il n’a pas besoin de Crosby, Stills et Nash pour produire des mélodies magnifiques. Les cinq premiers morceaux sont autant de perles acoustiques capables de rivaliser avec les meilleurs moments de l’album Déjà Vu. Et puis il y a cette seconde partie, qui voit le Loner prédire le grunge à grand coup de riffs gras : il faut rappeler que nous ne sommes qu’en 1979 , et pourtant, ces accords furieux vaudront à Neil Young le titre de « parrain du grunge » dix ans plus tard. Placé à la fin de la partie acoustique, le solo de « Powderfinger » annonçait déjà le déluge à venir.

Mais comment ne pas être surpris par une telle débauche d’énergie ? Autant le dire tout de suite, à coté du trio « Welfare Mothers », « Sedan Delivery » et « Hey Hey My My (Into the Black) », les Heartbreakers , Sex Pistols et autres Ramones passaient pour de gentils groupes de bal.

Après avoir entamé son album en affirmant : « le rock est là pour durer », Neil Young le secouait avec un album intelligent, qui témoignait de son génie mélodique tout en montrant aux punks qu’il était encore une référence indéboulonnable.

Un autre article du même auteur : The Velvet Underground.

 

Lennon62

About lennon62

Avant d’entamer une collaboration que j’espère riche, il est essentiel que je me présente à vous, humbles lecteurs. Comme mon pseudo semble l’indiquer, je suis ici dans le but de partager ma passion pour le rock dans toute sa diversité. Pour remplir cet objectif, j’ai bâti un site que je gère depuis quelques mois déjà. Mais comment a-t-il chopé le virus me direz vous ? (À moins que vous vous en foutiez mais faites au moins semblant pour contribuer au bon déroulement de cette présentation !) Et bien, quand on évoque mes premiers émois musicaux, je me remémore immédiatement les nuits de voyages où « the rising » tournait en boucle sur l’auto radio. Après de longues heures passées à écouter AC/DC , Status quo, Les Who etc …, j’ai complèté ma culture rock en cherchant mes groupes fétiches dans d’autres genres (prog, folk rock , punk …). Ces découvertes, je les ai faites grâce aux heures passées a lire et relire les chroniques de certains albums et autres documents. C’est à partir de ce matériel que j’ai pu forger ma vision de la musique rock. Cette vision, je vous propose de la découvrir à travers mes articles.

1 Comment

  1. Legereimaginareperegrinareblog

    Décidément, je me régale à chaque article; quelle érudition! Mais aussi quelle simplicité dans la façon de raconter les aventures musicales qui se lisent comme un mini-roman. Un très grand merci à toi 🙂

Laisser un commentaire