Cineemotionart/ février 8, 2018/ 0 comments

Entre invasions d’inconnus, allusions religieuses, retournements de situation, drame, quotidien d’un couple, Mother! dérange autant qu’elle suscite de l’intérêt. Fascinant dans sa mise en scène, tourbillonnant et opprimant dans son huis-clos, le nouveau film signé Darren Aronofsky saura mettre le spectateur sur un terrain inconnu où toutes les émotions s’abattront sur le spectateur. Allons-nous en sortir indemne ?

Avant tout de chose, Mother! est un film qui m’a surprise et qui m’a complètement dérouté et j’en suis sorti circonspect et mitigé sans savoir si le film m’avait ébloui ou complètement déçu. Peut-être les deux à la fois. Aux airs de thriller horrifique, Mother! avait l’air d’aller dans ce sens. Comme j’avais bien tort… Rien de ce qui se déroule durant tout le film n’est prévisible et c’était sans compter la patte d’Aronofsky. Et vaut mieux partir l’esprit ignorant, vide de toutes informations sur le film pour mieux l’appréhender.

Le papa de Requiem for a dream ne ménage aucunement le spectateur, le bousculant, le remuant dans tous les sens, le pousser dans ses retranchements et le plongeant dans un huis-clos oppressant, pesant mais étrange où chaque élément du film (des personnages aux lieux) n’est expliqué, laissant ainsi le soin aux spectateurs de se faire sa propre idée. Une connexion particulière avec le personnage féminin naît progressivement et qu’on va aimer suivre avec intérêt pour savoir si elle va réussir à se dépêtrer de toutes les agressions, invasions subites. Les grands plans qui enserrent le personnage féminin délivrent toute la tension nécessaire, le mal, qui peu à peu, augmentent jusqu’à un final certes prévisible (il se spoile avec la première scène du film) mais qui n’enlèvent rien à l’agitation, le malaise, le ton donné.

Si la réalisation ne manque pas d’ingéniosité, l’intrigue s’étire et les longueurs se ressentent véritablement, réduisant ainsi quelque peu les moments de tension et de rythme. Si bien que tout l’acte que Darren Aronofsky s’évertue à établir se perd dans une surenchère religieuse qui n’est pas si manifeste que cela et pour ma part, je suis passé à côté, étant donné que je ne pensais pas du tout que Mother! allait dans ce sens.

Quoi qu’il en soit, toutes les thématiques chères à Darren Aronofsky à savoir, l’obsession, le rapport au couple, le rapport à Dieu, à la création, ont été bien tenus durant tout le film et c’est louable. Malheureusement, le résultat reste très laborieux et les questions ne donnent pas lieu forcément à des réponses (ou très décousues). De ce fait, certains éléments qui paraissaient très importants (bureau interdit, le cadeau du passé du mari détruit) sont oubliés ou très mal traités, contradictoires et surtout illogiques gâchant ainsi le projet.

Bien que le récit perde de force, on y trouve tout de même, une bande-son très bien travaillée, intéressante avec une réelle recherche de sonorités, jouant ainsi avec des sons stridents, énervants apportant toute l’intensité voulue par le cinéaste. Et si l’écriture manque de cohérence, de finesse, les acteurs au contraire délivrent des prestations d’une justesse incroyable, particulièrement Jennifer Lawrence qui habite parfaitement un rôle plus sensible, en retrait, aux comportements dociles et obéissants. Crevant l’écran de bout en bout, la caméra sublime sa prestation avec cette mise en scène au plus près de son visage. Le spectateur de ce fait ressent tout le malaise, le mal, l’incompréhension du personnage. Le reste du casting est certes très bon mais Jennifer Lawrence éclipse et ne laisse que très peu de place aux autres acteurs.

En bref, même si Mother! se complaît dans des allégories bibliques, religieuses, sur la création, la destruction, le manque de cohérence et de précision montre les faiblesses du film. S’il est nécessaire d’être très focalisé au récit, ce thriller horrifique mérite amplement le coup d’œil autant pour son dernier acte que pour la prestation de Jennifer Lawrence. Un film qui en déroutera plus d’un !

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About Cineemotionart

“Les zombies mangent des cerveaux… Vous n’avez rien à craindre” Chroniqueuse à (preque) plein temps et rêveuse à plein temps, je suis du genre à parler des heures de films, séries, romans et autres sujets qui m’intéressent. Et pour ne pas ennuyer ma famille ou mes amis (ça arrive très souvent, croyez-moi !), j’écris sur ce qu’il me plaît sur mon blog. On peut même me comparer à un zombie en manque de chair mais pour moi, c’est en manque de film. Donc prenez garde, je mange tout ce qui se passe sous la main, si je ne peux visionner un film. Vous pouvez également lire mes absurdités sur mon blog : cineemotionart.wordpress.com

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