lennon62/ février 26, 2018/ 0 comments

Deux prêtresses noires enlacées, regardant en direction de l’Amérique, la pochette annonçait déjà la couleur de ce formidable album. Nous sommes en 1969, et Miles Davis découvreJimi Hendrix lors d’un concert où celui-ci se réapproprie l’hymne américain. Subjugué par l’inventivité et la virtuosité du guitariste, celui qu’on appelle l’éponge, crie sa nouvelle profession de foi : « Je peux réunir le meilleur groupe de rock que vous ayez entendu ».

Pour ce faire, Miles s’offre les services de trois percussionnistes, un bassiste, deux pianos électriques et surtout, du guitariste John McLaughlin. Nourri par le rythm’n’blues, ce guitariste a déjà collaboré avec un Bowie alors inconnu, et avec les Stones. Il sera le David Gilmour d’un Miles Davis qui dirige les sessions d’une main de maitre.

En embauchant dans ses rangs un musicien issu d’une autre culture musicale, Miles Davis souhaite se libérer des codes du jazz. De cette manière, BitchesBrew, qui sort en 1969, peut être considéré comme l’acte de naissance du jazz rock. Doté d’un big bang de 15 musiciens, Miles Davis crie son amour de la musique nouvelle et des groupes comme Cream, Hendrix ou Sly and the Family Stone, dans de long instrumentaux enivrants.

Tel un Beatles du jazz, Davis découvre avec émerveillement les possibilités d’un studio qui devient son nouvel instrument. La méthode est simple : lors des sessions, il donne ses directives et enregistre tout ; puis il retravaille les bandes, afin de tailler, à partir de ce matériel brut, le chef d’œuvre révolutionnaire qu’il a en tête.

À sa sortie, l’album attire une foule de curieux, un million selon les chiffres de vente.Parmi les acheteurs, Jack Bruce, l’illustre guitariste de Cream, lâchera cette phrase péremptoire : « Dommage que sa trompette ne soit pas une guitare. »

C’est sans doute le plus bel hommage que l’on puisse rendre à BitchesBrew. L’album s’impose aujourd’hui comme un des plus beaux témoins de l’inventivité d’une décennie foisonnante.

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About lennon62

Avant d’entamer une collaboration que j’espère riche, il est essentiel que je me présente à vous, humbles lecteurs. Comme mon pseudo semble l’indiquer, je suis ici dans le but de partager ma passion pour le rock dans toute sa diversité. Pour remplir cet objectif, j’ai bâti un site que je gère depuis quelques mois déjà. Mais comment a-t-il chopé le virus me direz vous ? (À moins que vous vous en foutiez mais faites au moins semblant pour contribuer au bon déroulement de cette présentation !) Et bien, quand on évoque mes premiers émois musicaux, je me remémore immédiatement les nuits de voyages où « the rising » tournait en boucle sur l’auto radio. Après de longues heures passées à écouter AC/DC , Status quo, Les Who etc …, j’ai complèté ma culture rock en cherchant mes groupes fétiches dans d’autres genres (prog, folk rock , punk …). Ces découvertes, je les ai faites grâce aux heures passées a lire et relire les chroniques de certains albums et autres documents. C’est à partir de ce matériel que j’ai pu forger ma vision de la musique rock. Cette vision, je vous propose de la découvrir à travers mes articles.

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