lennon62/ février 19, 2018/ 1 comments

Au milieu des seventies, les Mothers se séparent d’un guitariste émérite, Lowell George. Le musicien aurait eu la mauvaise idée de fumer un joint, avant de présenter à Zappa sa dernière composition : « Willin » , une chanson qui parle ouvertement de la drogue. On connaît l’aversion de Zappa pour ces drogues qui selon lui, sont des poisons créés par le gouvernement pour contrôler les masses. Le génie moustachu n’hésite donc pas, et vire son guitariste sur le champ. Sans le savoir, il vient de permettre la formation d’un des plus grands groupes maudits de l’histoire du rock.

Peu après son éviction, Lowell George se rappelle du pianiste Bill Payne, qu’il a rencontré lors d’une tournée des Mothers of Invention. Ayant lui aussi auditionné pour Zappa qui n’en a pas voulu, Payne est rapidement emballé par l’idée de former un nouveau groupe. Après avoir récupéré le bassiste des Mothers of Invention et avoir trouvé un batteur, le groupe décide de se nommerLittle Feat.

Issu d’une vanne envoyée à Lowell George, surnommé « petits pieds » par ses collègues, le nom est écrit Little Feat en hommage aux Beatles (le « feet » s’écrit ici « feat »).

Pas rancunier, Zappa permet au groupe d’obtenir son premier contrat d’enregistrement.

Après deux albums brillants, le groupe se sépare une première fois, découragé par des ventes ridicules. Heureusement, cette séparation ne dure pas et, après avoir remplacé son bassiste qui est parti rejoindre le groupe de Captain Beefheart, Little Feat retourne en studio.

Sorti peu de temps après, l’album Dixie Chicken montre que le groupe n’a rien perdu de son génie. Tous les observateur s’accordent d’ailleurs pour dire qu’il représente l’album de la maturité, mais Little Feat n’est pas pleinement satisfait

Ces enregistrements, aussi bien joués soient-ils, sont bien loin de l’énergie que le groupe déploie en concert. Feats Don’t Fail Now sera donc un album plus direct et énergique, digne de la bête de scène qu’est Little Feat. L’album sort donc en 1974, et là encore la critique est unanime : c’est une réussite.

Feats Don’t Fail Now montre un groupe en osmose parfaite, qui délivre un boogie blues funky et direct. Placé en ouverture, « Rock and Roll Doctor » sonne comme un mélange entre le boogie blues de Status Quo et le rock déglingué d’un Captain Beefheart. Après ça, le groupe déballe son boogie blues funky, transcendé par l’incroyable travail du guitariste Lowell George. Son jeu plein de break entre en osmose avec le savoureux piano bluesy de Payne.

Malheureusement, l’album ne se vend toujours pas, ce qui ne décourage pas Little Feat. Après avoir ajouté le jazz à sa palette sonore, il produit deux autres très bons albums. Mais, après la sortie d’un live monumental, le groupe finit par abandonner, et Little Feat est dissout en 1978.

Peu de temps après, Lowell George meurt d’une crise cardiaque dans un hôtel d’Arlington. Cette mort prématuré tue définitivement Little Feat , qui ne pouvait plus retrouver la même efficacité sans son génie fondateur.

On incitera donc les curieux avides de perles rocks atypiques de redécouvrir l’œuvre des américains. On leur conseillera d’ailleurs de commencer par ce Feats Don’t Fail Now qui représente sans doute le sommet de la période blues/funk de Little Feat.

Lennon62

About lennon62

Avant d’entamer une collaboration que j’espère riche, il est essentiel que je me présente à vous, humbles lecteurs. Comme mon pseudo semble l’indiquer, je suis ici dans le but de partager ma passion pour le rock dans toute sa diversité. Pour remplir cet objectif, j’ai bâti un site que je gère depuis quelques mois déjà. Mais comment a-t-il chopé le virus me direz vous ? (À moins que vous vous en foutiez mais faites au moins semblant pour contribuer au bon déroulement de cette présentation !) Et bien, quand on évoque mes premiers émois musicaux, je me remémore immédiatement les nuits de voyages où « the rising » tournait en boucle sur l’auto radio. Après de longues heures passées à écouter AC/DC , Status quo, Les Who etc …, j’ai complèté ma culture rock en cherchant mes groupes fétiches dans d’autres genres (prog, folk rock , punk …). Ces découvertes, je les ai faites grâce aux heures passées a lire et relire les chroniques de certains albums et autres documents. C’est à partir de ce matériel que j’ai pu forger ma vision de la musique rock. Cette vision, je vous propose de la découvrir à travers mes articles.

1 Comment

  1. Legereimaginareperegrinareblog

    Merci beaucoup pour cette découverte intéressante; je ne connaissais pas ce groupe et après avoir lu ton article et écouté l’extrait, j’avoue que j’apprécie : ce petit côté bluezzy, avec une pointe de jazz est tout à fait revigorant. Très bel article et très bon boulot de recherche et d’info. J’adore cette chronique

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