“L’ennui du mort-vivant” de Luc Doyelle.

Aujourd’hui, en ce jour béni de mardi 7 novembre 2017 ( ne me demandez pas pourquoi ce jour est béni, je n’en sais strictement rien…c’est juste que j’avais envie de dire ça…lol), je vous présente un “polarodie” ( le mot est de moi mais peut-être que quelqu’un y avait pensé avant…) complètement déjanté, bourré d’humour et de jeux de mots. Laissez-vous tenter par ce petit voyage au pays de la fantaisie…

Luc Doyelle, âgé de 54 ans, est infirmier, photographe, joueur de poker et téléchargementégalement bon cuisinier. Il écrit depuis 2006 et compte, à ce jour, 4 romans publiés. Il a quitté deux éditeurs successifs, dont l’un a malheureusement fait faillite, pour se lancer dans l’auto-édition.

L’ennui du mort-vivant, issu de la plate-forme SimplementPro, a été publié en auto-édition en 2017. Il s’agit d’un roman très atypique, à mi-chemin entre le polar et la parodie. Le style est alerte, de clins d’œil, alternant vocabulaire familier voire argotique et passage plus « classiques » : «Les automobilistes, quant à eux, visent différents points de ma carrosserie. Fort heureusement, je suis détenteur d’un permis obtenu en plein centre-ville de Kinshasa, un vendredi soir à dix-huit heures, avec mention « survivor » délivrée par un ex-instructeur du huitième RPIMA. Pour parler simplement, je suis capable de piloter un trente-huit tonnes d’une seule main au milieu d’un champ de Panzers tirant à feu nourri, tout en pointant un lance-roquette par la vitre côté conducteur, sur un air de la Traviata à cent cinq décibels dans les enceintes ».

L’humour : Le récit est véritablement tissé de petites phrases humoristiques qui se cachent à chaque détour, surprenant le lecteur, le tirant par la manche afin de ne pas sombrer dans la routine ni dans l’ennui ; dans ce genre : « Extirpant de sa djellaba un petit paquet portant les armoiries de la boucherie Ramirez, 36 rue de Thèbes, il en sortit quelques tranches de charcutaille, qu’il mâchonna non sans les avoir débarrassées des deux ou trois asticots qui avaient commencé le festin quelque peu en avance »… « Tandis que je m’enquille le périphérique partiellement désengorgé, je jette un nouveau coup d’œil à ma messagerie, au risque de m’attirer les foudres des forces de l’ordre,humour heureusement absentes pour cause de pastis party »… « Le grand vizir s’approcha d’une baie vitrée et vérifia la course du soleil au-dessus de l’horizon. Il fouilla dans sa djellaba, en sortit un demi-poireau dont la fraîcheur était encore convenable, et planta ses dents dans la chair blanche et verte, en marmonnant les paroles du prophète :”De cinq fruits et légumes Tu te repaîtras Et fort comme enclume Alors tu seras »… 

« J’ai enclenché la radio. Monsieur météo m’annonce le plus sérieusement du monde qu’il fera beau partout où les nuages seront absents, que les températures seront clémentes s’il ne fait pas froid »… 

« À l’instant où je pousse la porte du commissariat, mon regard se pose sur trois flics de service en action. Le premier, assis derrière le guichet, enquête sur les agissements de l’Olympique de Chalautre-la-Petite et pour ce faire, compulse toutes les pièces à conviction à sa disposition, à savoir un journal intitulé « l’Équipe ». Ses deux collègues assurent l’inspection et la maintenance journalière de la machine à café. Leur méthode est rodée et éprouvée : il s’agit de glisser un jeton dans la fente prévue à cet usage, de sélectionner une boisson, puis de tester ladite boisson afin de s’assurer que sa saveur est restée stable depuis la dernière dégustation. L’opération est à renouveler toutes les deux heures, voire davantage pour les plus zélés ».

Un petit aperçu des jeux avec le vocabulaire : «La ruelle en cul-de-: sac, basse-fosse, jatte, poule (rayer les mentions inutiles) était toujours déserte. » ; «En réalité, aux mains d’un seul homme, Mustapha Kemal-Dansapo. Un type richissime, turc d’origine » .

L’intrigue :

Le lecteur est tout de suite immergé dans l’action : Le Grand Vizir, que l’on suppose venu tout droit du passé, poursuit un homme qui a volé un parchemin très ancien. On ne sait pas pourquoi il veut le récupérer. Tout ce qu’on sait, c’est qu’il le veut à tout prix, au point de s’embarquer dans un avion qui le déposera bien gentiment dans la capitale française.

Nestor Boyaux, propriétaire du parchemin volé, authentifié par le musée du Caire, qu’il a acheté une bouchée de pain pour son ami Lucius von Lucius, auteur de romans policiers et amateur d’antiquités égyptiennes, relate ses aventures à Jief, leur copain flic. Faut-il mener une enquête pour tenter de retrouver voleur et objet volé ? « Un silence d’au moins quarante secondes permet à chacun d’entre nous de rassembler ses idées. Pour ma part, je reste sur ce sentiment qui ne m’a jamais quitté depuis que je connais Nestor. mort vivantCe mec a le chic pour dénicher les plans les plus foireux (…) Soit on a affaire à un canular de classe internationale, soit c’est un sacré scoop, et là, je donnerais ma vie pour tenir ce truc entre mes mains, ne serait-ce que quelques minutes. Si j’ai bien compris, résumé-je, tu achètes une relique d’une valeur inestimable à un clampin pour trois francs six sous…Donc, continué-je en soupirant, tu rentres en France avec ce machin sous le bras et sous le nez des douanes, et un gros Black te l’arrache et se casse. Et rien d’autre ? — Ah si, maintenant que tu m’y fais penser. Il y avait un deuxième mec. Un type bizarre, habillé comme au souk, avec une barbichette et des babouches. Quand le Black a piqué son sprint, l’autre est parti comme une fusée dans la même direction. Le Noir est monté dans une bagnole banalisée, et Ali Baba a pris un taxi. Moi, sous l’effet de la surprise, je suis arrivé trop tard. Le temps que je grimpe dans le taxi suivant, ils avaient disparu tous les deux. »

Pourquoi le Grand Vizir parcourt-il toute la capitale à la recherche de ce fameux manuscrit, semant les cadavres sur son chemin ? Et comment Kryptonite, le gros black auteur du vol, meurt et ressuscite trois fois en moins de 24 heures ?

Les personnages :

  • Le grand Vizir .

    vizir
    Vizir
  • Lucius von Lucius : narrateur ; auteur de polars ; le genre à répondre présent quand on a besoin de lui ; initié à l’art de l’embaumement par son ami Jad ; passionné par tout ce qui touche à l’Égypte ancienne.
  • Jad : embaumeur dans une agence de pompes funèbres ; ami de Lucius ; a travaillé dans les missions commando et l’humanitaire.
  • Monica : jeune femme italienne qui en pince pour Lucius, mais sans espoir.
  • Rocco : mari de Monica.
  • Ramirez : espagnol ; ancien taulard propriétaire d’une petit restaurant.
  • Maïté : chef de bureau à la mairie, habituée de la bodega de Ramirez.
  • Maxipouce : geek de service, originaire de Gand en Belgique ; habitué du resto de Ramirez qu’il utilise comme bureau pour sa connexion internet où il joue au poker ; adore sortir en boîte quand il daigne se déconnecter de son ordi.
  • Kryptonite : « ami » de Lucius ; gros Black rencontré quand Lucius était infirmier dans la légion et Kryptonite légionnaire.
  • Amandine : petite amie de Lucius ; journaliste.
  • Jief : copain flic de Lucius.
  • Nestor Boyaux : copain de Lucius ; a l’art de s’attirer des ennuis.
  • Zib : copain de Lucius ; l’oeil hirsute, le cheveu vitreux ; petit génie de l’informatique.

Mon avis :

Le + : Je me suis beaucoup amusée en lisant ce « polarodie », très drôle, très caustique parfois, notamment les passages où le lecteur est pris à parti par l’auteur, avec beaucoup d’humour : «Je m’assieds sagement à ses côtés, sans la quitter des yeux.

Elle non plus.

Moi non plus.

Elle non plus.

Certains trouveraient le temps long. Mais je dois avouer que les yeux d’Amandine, comment dire ?

Et puis non, après tout, vous n’avez pas besoin de savoir. C’est vrai, quoi, c’est pénible cette manie qu’ont les lecteurs de réclamer tous les détails. » 

Plongez-vous dans L’ennui du mort-vivant et passez un bon moment! Garanti! C’est un “polarodie” tout à fait désopilant. Bon, bien sûr, l’intrigue est assez mince car, finalement, le but de cette histoire n’est pas de savoir pourquoi le Grand Vizir voulait à tout prix retrouver le fameux parchemin ni si Lucius a finalement retrouvé son cadeau ou sa dulcinée…Après tout, si vous voulez quel est le but de cette histoire…lisez-la, c’est le meilleur conseil que je puisse vous donner !!

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2 commentaires sur ““L’ennui du mort-vivant” de Luc Doyelle.

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