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« Led zeppelin est la réunion de cinq musiciens virtuoses qui forment un cinquième élément. » Voilà comment Jimmy Page décrit son groupe qui vit, depuis la sortie de son premier album, une ascension fulgurante.

Ce premier essai, et sa pochette iconique, venait s’abreuver aux sources d’un blues plus pur, vierge de toute expérimentation psyché. Au lieu de le barder de fioritures planantes, le Zep se contente de le jouer avec une puissance et une conviction inédites. Certes, Hendrix, les Pink Fairies ou Steppenwolf avaient déjà tenter de produire un rock plus puissant et sauvage. Mais aucun ne parvint à garder la même violence sur un album entier, et à poser les bases d’un mouvement fondé sur cette sur amplification.

Led Zeppelin (l’album) était l’acte de naissance du hard-rock et, conscient de son tour de force, le groupe part rapidement en tournée. Le groupe enchaîne donc les concerts des deux cotés de l’Atlantique, alors que sa maison de disques le pousse à retourner rapidement en studio. C’est qu’à l’époque le marché du disque est à son apogée et, si le groupe veut confirmer son succès, il doit enregistrer un second album rapidement.

Led zeppelin II est donc enregistré entre deux concerts, ce qui lui donne un coté live proche de son prédécesseur. Le groupe s’offre tout de même les services d’Eddie Kramer, le génial producteur d’Electric Ladyland, qui a déjà prouvé qu’il savait mettre en valeurs les guitares suramplifiées.
L’ingénieur du son offre aux Zeppelin une production pleine de relief, qui met bien en valeur la puissance des compositions.

De son coté, le groupe livre une véritable orgie de décibels et, si le premier album est sorti il y a quelques mois, le chemin parcouru est déjà saisissant. Le riff de « Whole Lotta Love » écrase l’auditeur tel un troupeau de mammouths en rut, et la batterie repousse les limites de la sauvagerie. John Bonham se permet d’ailleurs de livrer le premier solo de batterie enregistré sur disque. Est-il utile de préciser que ce moment d’anthologie, servi sous le doux nom de « Moby Dick », voit le batteur repousser les limites de son instrument pour devenir un véritable dieu de la batterie ? On n’a toujours pas fait mieux depuis. De son coté, Robert Plant conte ses mythes inspirés par Tolkien sur « Ramble On », quand il ne part pas dans des rocks salaces inspirés par la débauches des tournées zeppeliniennes (« The Lemon Song », « Heartbreaker »… ). Sa voix de Janis Joplin mâle servira de référence à tous les Coverdale , Bon Scott et autres chanteurs braillards. On saluera aussi ce passage mélodique, où le groupe ralentit le rythme pour permettre à son chanteur de remercier sa muse (« Thank You »).

Si Led Zeppelin était l’acte de naissance du hard rock, Led Zeppelin II fait déjà partie des albums les plus aboutis du genre. Tous les ingrédients qui constitueront le mythe du hard-rock sont d’ailleurs déjà là.
Surnommé « Brown Bomber » par les fans, Led Zeppelin II est un album mythique. Après une telle violence, le groupe ne pouvait plus poursuivre cette surenchère. Il ralentira donc le rythme de ses tournées pour trouver un second souffle dans le folk.
Mais c’est une autre histoire.

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