legereimaginareperegrinareblog/ décembre 19, 2017/ 9 comments

Le diable tient la chandelle | Pour ce quatrième rendez-vous avec la romancière norvégienne, nous continuons d’explorer les tréfonds de l’âme humaine avec ce polar tout à fait original: pas de crime, pas de suspect donc, mais une enquête…que je vous laisse découvrir .

Le Diable tient la Chandelle, paru en Norvège en 1998 sous le titre Djevelen holder lyset, a été publié en français en 2006 par les éditions J.P. Lattès et en 2007 aux éditions J’ai Lu Policier.

C’est un roman policier très atypique: pas de meurtre, juste une disparition. La police apparaît très peu. Les chapitres enchaînent les passages du carnet d’Irma raconté à la première personne ( on ne sait pas à qui elle s’adresse) avec les passages qui racontent les faits et gestes d’Andréas et de son copain Zipp, avec la sensation que ces deux récits avancent en parallèle jusqu’au moment où ils se rejoindront à leur point de convergence. Ce que le lecteur attend tout au long du roman…

Pas de véritable enquête mais plutôt une réflexion sur le crime, sa nature: “Mais que dire du crime en lui-même? L’impulsion, d’où vient-elle? Quand le meurtre naît-il? A cet endroit, à cet instant?” (Pages 18/19).. Encore une fois, ce roman ressemble plus à un thriller psychologique. Seuls les deux rebondissements des dernières pages lui donnent une allure plus “polar”.

Le titre :

Dans le premier chapitre, l’auteur donne son sens au titre: “Cet être hideux et mauvais que l’on devient quand le diable tient la chandelle.”=> Sens que le lecteur comprendra au fur et à mesure que l’histoire se déroule. “-Tu ne peux pas faire porter le chapeau au diable, observa Sejer avec un sourire. -Ah non ? – Il n’a pas été officiellement exclu de l’Eglise norvégienne? Pour la raison qu’il n’existait pas? -C’est la plus grosse boulette que les hommes ont faites, réponditImage du mot "crime" pensivement Skarre. -Pourquoi? voulut savoir Sara. -Si nous ne croyons pas en lui, nous ne le reconnaîtrons pas quand il apparaîtra sans prévenir.” (Page 88).

Les thèmes : 

Comme toujours avec Karin Fossum, Le Diable tient la Chandelle attire notre attention sur des faits sociaux malheureusement propres à toutes les sociétés d’hier et d’aujourd’hui, modernes ou non : le racismele regard des autres sur l’homosexualité: “Andréas homo? Ce qui signifiait qu’absolument n’importe qui pouvait l’être, ça ne se voyait pas de l’extérieur . D’autres personnes qu’il connaissait, des gens comme les autres. Des filles même.” (Page 85); la misère, la condition des femmes: “Les femmes sont étranges, se dit Andréas. Elles le sentent, quand il se trame quelque chose. Ou elles envisagent les événements d’une toute autre façon que les hommes. Parce qu’elle ont plus d’ennemis, peut-être. Etre une femme. Devoir tout le temps faire attention. Ce que ce doit être usant!” (Page 51).La solitude, la détresse humaine.le diable

L’intrigue :

Irma se présente au commissariat pour signaler une disparition. C’est l’inspecteur Skarre qui prend sa déposition mais les propos pour le moins décousus de la femme sous forme d’avertissement laissent le jeune inspecteur sceptique: “Il n’en a plus pour longtemps.” De qui parle-t-elle? De son mari? Est-il mort? Ne serait-elle pas un peu dérangée?Mystère…Finalement, Skarre décide d’oublier cet intermède parmi les nombreuses affaires qui leur tombent dessus: une adolescente abattue à coup de fusil; un nourrisson victime de l’agression qui visait sa mère; un jeune homme qui se volatilise carrément sans laisser aucune trace. Disparition mystérieuse qui ravive dans la mémoire de l’inspecteur Skarre la visite d’Irma quelques jours plus tôt.

Le Diable tient la chandelle roman très intimiste, qui fait la part belle à la psychologie des personnages, car, finalement, ce qui compte pour qu’un policier fasse son travail le mieux possible, avec des résultats probants, est de se mettre à la place du criminel, et pour ça, il faut le comprendre. Pas l’excuser, bien sûr que non, mais comprendre pourquoi et comment de tels actes peuvent devenir possible afin d’agir en amont. Des questions qui nous amènent à nous interroger sur la nature même du crime. Quelle est la frontière entre les pulsions et leur réalisation?? Je recommande la lecture de ce roman à tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la psychologie en général, et celle du criminel en particulier…Fascinant !!

Extrait :Trois bougies

“Une vie est une vie tant qu’elle dure et qu’elle représente quelque chose pour quelqu’un.”

 

 

 

Retrouve une autre critique de l’auteur : Corps d’Etat (tome 2) de Christophe Martinolli.

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Cathie je me prénomme, Passionnée de littératures policières je suis, Comme Ariane Oliver j’adore les pommes, Lectrice boulimique je suis… Romans historiques j’écris, Antiquité et Moyen-Age me passionnent, Critiques de livres j’écris, Partager et découvrir j’affectionne… Tout ça pour vous dire, chers amis lecteurs, que je suis très heureuse de collaborer à Les Yeux Fertiles, Tiens, ça rime avec crocodile…

9 Comments

  1. Voici un auteur que j’ai aimé découvrir.

    1. Legereimaginareperegrinareblog

      j’en suis heureuse car ses romans sont vraiment intéressants

      1. Nous sommes bien d’accord la ma Cathie !

        1. Legereimaginareperegrinareblog

          oui c’est clair!!! tu as lu lequel?

          1. Mazette, si je me souvenais des titres, je serais une encyclopédie ambulante ! Ces premiers c’est certains !!!

            1. Legereimaginareperegrinareblog

              MDR !!! Ben alors, en tant que bibliothécaire tu DOIS te souvenir des titres de livres !!!

                1. Legereimaginareperegrinareblog

                  C pas cool !! Demandes en une au père Noël 🙂

                  1. non pas cool ! déjà fait sinon !!! 😉

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