Benjamin Bailleux/ février 5, 2018/ 0 comments

Comment parler de rock sans parler de King Crimson ?
Le groupe se forme en 1969 autour du virtuose Robert Fripp, et d’un parolier inspiré par les textes de Tolkien et Phillip K. Dick. Les musiciens ont en commun une passion pour le free-jazz et la pop, qui leur permettra de se différencier de leurs contemporains.

Composé de musiciens virtuoses, le groupe enchaîne rapidement les concerts et enregistre In The Court Of The Crimson King entre deux dates. Sorti en 1969, l’album sera son plus grand succès, salué par un Pete Towshend qui le considère comme « un troublant chef d’œuvre ». Troublant, cet album l’est dès sa pochette devenue célèbre. Elle représente parfaitement l’ambiance sombre et paranoïaque de cette musique fascinante. Fort de la virtuosité de ses membres, le groupe crée un savant mélange entre puissance rock et raffinement symphonique.

Ce n’est pourtant pas la première fois qu’un groupe fait cohabiter le rock avec une musique plus « élitiste » : les Beatles avaient déjà marqué les esprits avec « A Day In The Life », et ses passages orchestraux. La même formule fut reprise par les Moody Blues sur l’album Day of The Future Past, avec le même succès.

Mais, chez ses groupes, les passages symphoniques servaient surtout à souligner certaines mélodies sans se mélanger aux envolés plus rock. Ici, le jazz, l’expérimental et le rock cohabitent et emmènent l’auditeur dans un univers sonore inédit. Cette innovation est d’abord due au mellotron, qui permet au groupe de créer des sonorités envoûtantes sans avoir besoin d’un orchestre.

Dans le même temps, conscient des tendances d’un rock de plus en plus violent, le groupe amplifie son album de façon monstrueuse. Le déluge sonore de « 21 st Century Schizoid Man » prouve d’ailleurs que Led Zeppelin n’avait pas le monopole de la suramplification. Et puis il y a ces moments de grâce, où King Crimson parvient à créer un parfait équilibre entre touches expérimentales, complexité instrumentale, et sensibilité pop.

On pourrait d’ailleurs écrire des pages sur « Epitaph » et sa longue montée en puissance. Car, aussi complexe qu’elle soit, la partie instrumentale est toujours au service de mélodies élaborées. À partir de là, la philosophie du rock progressif était clairement énoncé : éloigner le rock de ses racines blues pour découvrir des territoires sonores inexplorés, tout cela sans perdre l’excitation et la sensibilité mélodique de la pop.

Lennon62

About Benjamin Bailleux

Avant d’entamer une collaboration que j’espère riche, il est essentiel que je me présente à vous, humbles lecteurs. Comme mon pseudo semble l’indiquer, je suis ici dans le but de partager ma passion pour le rock dans toute sa diversité. Pour remplir cet objectif, j’ai bâti un site que je gère depuis quelques mois déjà. Mais comment a-t-il chopé le virus me direz vous ? (À moins que vous vous en foutiez mais faites au moins semblant pour contribuer au bon déroulement de cette présentation !) Et bien, quand on évoque mes premiers émois musicaux, je me remémore immédiatement les nuits de voyages où « the rising » tournait en boucle sur l’auto radio. Après de longues heures passées à écouter AC/DC , Status quo, Les Who etc …, j’ai complèté ma culture rock en cherchant mes groupes fétiches dans d’autres genres (prog, folk rock , punk …). Ces découvertes, je les ai faites grâce aux heures passées a lire et relire les chroniques de certains albums et autres documents. C’est à partir de ce matériel que j’ai pu forger ma vision de la musique rock. Cette vision, je vous propose de la découvrir à travers mes articles.

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