lennon62/ avril 15, 2018/ 0 comments

Sa guitare en bandoulière, Johnny Cash subit les directives ridicules du maton qui l’amène sur scène. Il ce dit que l’événement qui ce prépare aujourd’hui ne doit pas enchanter cet homme, après tout on ne forme pas des matons pour leurs apprendre la compassion. Non, en cette année 1969, la mentalité dominante veut sans doute que le prisonnier n’est la que pour payer sa dette. Plus la souffrance est grande, plus la rédemption a de valeur. C’est un peu simpliste mais ça rassure.

Ecoutant à peine les sornettes de son guide, Cash repense à son passé. Sa famille baptiste ne le voyait sans doute pas devenir un chanteur pop, détournant des centaines de jeunes filles du chemin de l’église. Mais il rêvait de cela depuis qu’il eu accès à son premier poste de radio, sans savoir que la gloire entrainait vite l’homme sur le chemin de la perdition.

C’est ainsi qu’il tomba dans la drogue et, lorsqu’il ce fit prendre avec quelques pilules non prescrites, il prit conscience qu’il était temps de chercher sa rédemption. Après avoir écopé d’une peine de 30 jours d’emprisonnement, il épouse June Carter, ce désintoxique, et présente à son label un projet qui lui tient à cœur.

Sensibilisé au sort des prisonniers Américains, l’homme en noir annonce qu’il souhaite sortir des albums lives, enregistrés dans les prisons de folssom et San Quentin. Son label proteste, arguant que , en cette année 1966, même Dylan était passé à l’électrique. Celons eux il faut enregistrer de nouvelles chansons plus modernes, pour éviter d’être relégué aux oubliettes de l’histoire.

Réponse de Cash : « Demain je serais à la prison de folssom, le show sera enregistré, ensuite vous ferez ce que vous voudrez de ces bandes ». Un sourire apparait sur le visage de Cash lorsqu’il réentend les consigne des geôlier de Folssom , les mêmes que celles qu’il subit actuellement à Saint Quentin , avant son entré .

Pas de chanson sur les prisons dirent ils, avant que le show ne démarre sur folssom prison blues. Quelques minutes plus tard, Cash regarde son verre d’eau avec le sourire narquois du gamin qui prépare une bonne blague. Les policiers ont due changer de couleur lorsqu’ils l’entendirent déclarer « je n’ai jamais bue une eau aussi marron que celle qu’on vous sert à Folssom ».

Mais tous cela, il n’en on sans doute pas entendue parler à Saint Quentin, il faut donc ce retaper ces consignes de gardien paternaliste. Le voila enfin sur scène, alléché par le succès de sa dernière prestation, des caméramans sont venue enregistrer le show pour une émission anglaise.

Joueur, Johnny Cash annonce, « Je vais vous dire, ce concert va être enregistré et filmé, et ils m’ont dit ‘Tu vas nous jouer telle chanson, telle autre, tu vas te mettre comme ça et chanter comme ci’, mais moi j’en ai rien à faire, je suis venu pour faire ce que vous, vous voulez entendre ! ».Et sur demande il envoie un « walk the line » libérateur à des détenus reconnaissants.

Voir un homme enregistrer un concert dans une prison était déjà inédit, mais la personnalité de Johnny Cash allait rendre l’instant historique. Pour la première fois, le rock flirtait avec son plus grand fantasme.

Depuis ses débuts, la prison était un emblème de la révolte qu’il prônait, les rockers rêvant de trouver une reconnaissance dans la répression de leurs actes. En un mot elle rendrait cette musique si sulfureuse, que ses héros mériteraient l’internement.

Keith Richard y a échappé de peu, et Jim Morrison ne tardera pas à passé très près de la condamnation. Mais Cash avait bien eu sa condamnation ! Auréolé de cette légitimité, il parle aux détenues d’égal à égal, et le concert prend des airs de communion entre ces damnés de la société et le chanteur folk.

Pour eux, il écrit « San Quentin », qu’il chante pour la première fois. Ses mots compatissants touchent des détenues réputés insensibles. Une clameur libératrice s’élève lorsque sa voie de baryton déclame « San Quentin, may you rot and burn in hell. May your walls fall and may I live to tell. »

Ce soir l’homme en noir est ici pour servir son publique, qui lui dicte les morceaux à jouer. Les ballades succèdent aux folk songs sulfureuses et, pendant quelques minutes, des dizaines d’hommes on la sensation d’être libre.

Puis, lorsque les dernières notes retentissent dans l’enceinte bétonnée, chacun retourne à sa morne réalité.

Ce soir la, un homme à trouvé sa rédemption en offrant sa musique, son charisme, et son génie a des détenues dont il comprend la souffrance. Dans le couloir qui le mène à la sortie, il sait que ce souvenir marquera sa vie à jamais.

Ce qu’il ne savait pas c’est que l’album restituant cet instant historique allait être célébré aussi bien par les rockers, que les folkeux et les amateurs de country. C’est la marque des grandes œuvre de dépassé les clivages, et  at San Quentin  en est certainement une.

Lennon62

About lennon62

Avant d’entamer une collaboration que j’espère riche, il est essentiel que je me présente à vous, humbles lecteurs. Comme mon pseudo semble l’indiquer, je suis ici dans le but de partager ma passion pour le rock dans toute sa diversité. Pour remplir cet objectif, j’ai bâti un site que je gère depuis quelques mois déjà. Mais comment a-t-il chopé le virus me direz vous ? (À moins que vous vous en foutiez mais faites au moins semblant pour contribuer au bon déroulement de cette présentation !) Et bien, quand on évoque mes premiers émois musicaux, je me remémore immédiatement les nuits de voyages où « the rising » tournait en boucle sur l’auto radio. Après de longues heures passées à écouter AC/DC , Status quo, Les Who etc …, j’ai complèté ma culture rock en cherchant mes groupes fétiches dans d’autres genres (prog, folk rock , punk …). Ces découvertes, je les ai faites grâce aux heures passées a lire et relire les chroniques de certains albums et autres documents. C’est à partir de ce matériel que j’ai pu forger ma vision de la musique rock. Cette vision, je vous propose de la découvrir à travers mes articles.

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