Jack et la mécanique du coeur : une poésie… 

J’vais avoir un problème CHEF, mon œuvre “Jack et la mécanique du cœur”, c’est presque un trois en un… Comment s’que j’fais ?

Bah, oui, j’suis tombée (OUTCH) sur le film d’animation Jack et la mécanique du cœur parce qu’on a tous une TV qu’on a allumée sur France 4 le 25 octobre 2017 à 22h25… Non ? Haha. Gloups. Restez, je vous explique cette drôle d’histoire…

Tout commence en octobre 2007, date à laquelle Mathias Malzieu publie un conte, La mécanique du cœur. Peut-être que ce patronyme te dit quelque chose, ce nom résonne peut-être en toi comme dans un… Non laisse tomber. Seulement, tu aurais raison ! Ce cher Mathias Malzieu à plusieurs cordes à son arc ! (Ça doit pas être simple cette histoire… Peut-être un genre de harpe, plutôt ?).

Il n’est autre que le chanteur et compositeur du groupe français Dionysos (ce n’est pas l’alcoolo grec-là, non). Et c’est dans cet habit de musicien et compositeur que Mathias Malzieu réunit toute une armada de gens plutôt pas trop mauvais afin de créer un album aux couleurs de son récit.

Et comme on est jamais vraiment satisfait de son travail, Double M (avec l’accent anglais, c’est plus moderne haha) et Stéphane Berla sortiront en 2013 un film d’animation intitulé “Jack et la mécanique du Cœur”. Aaaaah. Tout ça, tout ça sous l’œil avisé de l’ultra connu Luc Besson, quand même. Do you see le truc sacrément énorme ?

Résumé de Jack et la mécanique du coeur

Revenons à nos chameaux, ours, ouistitis, marmottes (rayez la mention Utile). Ce conte commence par la naissance de Jack, un jour de très grand froid. Tellement froid que le cœur du petit Jack est gelé puis remplacé par une horloge. Afin de préserver ce « cœur » fragile, Jack doit respecter scrupuleusement trois règles. Prendre soin de ses aiguilles, ne pas se mettre en colère et ne JAMAIS tomber amoureux. Seulement voilà… (aucun spoil, ce serait mal venu).

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Intriguant et fantastique… Jack et la mécanique du cœur.

Tout dans ce film est troublant. Je n’ai jamais lu le récit donc je pense que je ne m’attendais pas à ça. Seulement, c’est positif… Je crois.

L’univers qu’insère Mathias Malzieu est à la fois sombre et merveilleux. Le scénario est beau, car il évoque une histoire d’amour mais tout à la fois triste car les personnages doivent suivre un destin déjà tracé (no more question… L’être, ce puits sans fond).

Ce film soulève des petites choses assez subtiles qu’on peut facilement interpréter. Tout d’abord, le film n’est autre qu’une suite des grands maux de notre société. La surprotection, l’amour, la douleur, le harcèlement scolaire, la maltraitance, la jalousie, la prostitution, l’alcoolisme, etc.

Les personnages sont caractéristiques. Arrivé dans le monde du cirque, on rencontre des personnages difformes, grandes oreilles, tête ballon ou femme à deux têtes. Ils sont tous la caricature d’un trait très marqué. Tout comme Miss Acacias qui sort son manteau d’épines lorsqu’elle a peur.

Enfin, l’horloge interne de Jack est au cœur du récit (sans jeu de mots). La morale de ce conte peut être que le temps est compté d’une façon ou d’une autre pour tout le monde et qu’il faut pouvoir en profiter. Eh, oui, la fin de cette histoire est surprenante de réalisme et métaphoriquement bien foutue, ça m’émeut, voyez-vous ?

Les interprétations de ce film peuvent être réalisées par tous les âges. C’est ce qui est incroyable, car le fond est présent pour alimenter les cerveaux les plus turbulents, mais la forme quant à elle, ne se laisse pas démonter et peut charmer les plus rêveurs.

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Harmonieux et agréable… Jack et la mécanique du cœur. 

Les images sont dans le thème de l’histoire, poétiques. La gamme chromatique est travaillée. Elle est sombre quand le personnage se trouve dans des situations moroses (école, ville). Puis elle est plus vive et chaude quand Jack se retrouve avec sa bien-aimée. D’ailleurs, on sait tous très bien que le rouge connote la passion, l’amour, la chaleur, donc ce n’est pas pour rien que la Petite Miss Acacias est vêtue de rouge des pieds à la tête ! (ou de la tête aux pieds, comme tu le sens).

Pour ce qui est des personnages, ils ressemblent à des poupées de cire, figées et sans défaut. Ça ne me dérange pas, car ça reste un film d’animation basé sur un conte. Cependant, une chose m’a émerveillé dans leur réalisation, ce sont leurs yeux. Ils sont magiques. Tu me dirais que tu t’es noyé dans leurs yeux, direct, j’irais chercher la corde et la poulie tellement c’est abyssal. Leurs yeux sont colorés et réalistes ce qui, je trouve, leur donne complètement vie. Bah, oui, les yeux… miroirs de l’âme, blablabla.

Bon, on est d’accord et on va dire ce que tout le monde pense. L’univers est très Burtonien. (Double M n’est cependant pas du même avis) Haha. Bah oui, les personnages sont quand même filiformes et font penser aux personnages des Noces Funèbres où effectivement le cœur est au cœur (toujours pas fait exprès) du scénario. Ou à L’étrange noël de Monsieur Jack… Jack… Ce prénom m’est familier… Hum, Jack Sparrow ? Non. Fichtre, je l’ai perdu.

Rythmé et mélodieux… Jack et la mécanique du cœur. 

Comme tu l’as compris, la musique fait partie intégrante du film (tu te rappelles la harpe). Dionysos est à la base de cette bande sonore très hétéroclite. La musique est au cœur (décidément, c’est redondant) de l’histoire, car les deux jeunes gens se rencontrent en musique et au fur et à mesure du film, on découvre différents univers musicaux.

Quand l’album est sorti, Olivia Ruiz, Grand Corps Malade, Jean Rochefort, Alain Bashung (et encore d’autres) ont prêté leur voix sur l’album, c’est donc tout naturel de retrouver les chanteurs doublant les personnages. Et c’est avec joie que j’ai découvert que le slam dans un film d’animation, ça casse la baraque.

Musique Grand Corps Malade (personnage de Joe dans le film)

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Le point culminant est d’entendre soudainement la voix d’Alain Bashung dans le film. Et là, tu regardes ton voisin de canapé (Big Up à la Vielle Paire de Shoes) et tu te dis : « What ? ». Le film étant sorti en 2013, Bashung n’était plus, pourtant sa voix incarne le personnage de Jack L’éventreur. Et oui, ils ont repris la chanson de l’album (La panique mécanique de 2007) et l’on inséré au film ! Chapeau, quelle voix quand même.

Bref, je pense que ça ne peut vraiment pas plaire à tout le monde, mais on s’en fiche non ? Le principal, c’est d’aimer pour soi. Moi, j’ai apprécié ce film d’animation poétique, original, lyric, doux et travaillé. Et toi, t’en penses quoi ?

Allez, à très vite bientôt.

REF10/17/031

7 commentaires sur “Jack et la mécanique du coeur : une poésie… 

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  1. Mathias Malzieu est mon auteur français favoris et j’ai donc lu tout ses romans, vu ce film le jour de sa sortie et écoute la bande son pendant des mois et des mois. C’est vrai que son style peut faire penser à Tim Burton mais on sent bien sa propre plume et la poésie qui est omniprésente dans ses oeuvres. Très bel article qui rend bien hommage à ce film quelque peu decall8 tout en restant magnifiquement poétique.

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