Benjamin Bailleux/ janvier 2, 2018/ 0 comments

Powerslave | Sorti en 1972, le troisième album de Black Sabbath ouvrait de nouvelles portes à ce que certains osaient déjà appeler le heavy metal. Doté d’une lourdeur inédite, cet album réussissait surtout à délaisser totalement l’influence du blues : de cette manière, il ne pouvait qu’émanciper une musique de plus en plus éloignée du rock lourd de Deep Purple et autres hard rockeurs.

Il faudra toutefois attendre quelques années avant qu’une vague de musiciens viennent confirmer cette autonomie du genre. Judas Priest sera le premier à rechercher un son à l’agressivité révolutionnaire mais jusqu’en 1982 il ne fera qu’annoncer la future révolte métallique sans réussir à poser ses bases.

Formé en 1977, Iron Maiden se fait tout de suite remarquer avec son premier album. Il est vrai qu’un groupe ayant le même nom qu’un instrument de torture du Moyen Âge passe rarement inaperçu. Mais surtout, Maiden était déjà très proche de ce que serat le heavy metal britannique. Malheureusement, Paul Di Anno était un chanteur trop limité, dont le manque de lyrisme condamnait le groupe à développer une énergie punk dans l’ère du temps. Tout va réellement se mettre en place lorsque, diminué par son addiction à l’héroïne, Di Anno est renvoyé du groupe.

Pour le remplacer, Iron Maiden choisit le jeune chanteur du groupe Samson, qui a fait sa premières parties quelques jours avant le départ de Di Anno. Dickinson n’aura pas beaucoup de temps pour s’adapter à son nouveau groupe, qui démarre l’enregistrement de The Number Of The Beast très rapidement.

Le résultat est à classer parmi les instants historiques du heavy metal. Emporté par le registre plus épique de son chanteur, le groupe pose enfin les bases de ce que sera la nouvelle vague de heavy metal britannique. Suivra un album qui balayera définitivement les limites de ses prédécesseurs ; et en 1984, Maiden atteint la perfection sur ce Powerslave.

Avant de dire le moindre mot sur cet album, il faut s’attarder sur sa pochette. On remarque tout de suite que le nom du groupe est mis en retrait au profit d’un Eddie gigantesque, assis sur un trône placé devant une pyramide illuminée.

À l’image de cette illustration bien sympathique, Powerslave est un monument sonore, où la basse de Steve Harris joue le rôle de troisième guitare. Chaque morceau est construit selon un plan qui empêche toute dérive hasardeuse, les musiciens sont désormais les artisans d’un monument érigé de manière méthodique. Dans un premier temps, les cavalcades de guitares assassines enveloppent l’auditeur telle une camisole de force. Puis, les guitares se font plus mélodiques, la violence a laissé place au lyrisme, et Dickinson s’impose comme le maître d’une nouvelle génération de metallhead. Ces deux parties finissent par s’unir dans un final apocalyptique.

Brodant autour de cette formule, Maiden fait de chaque titre un moment d’anthologie. « Aces High » est un brûlot fulgurant qui, introduit par un discours de Churchill, sera l’un des plus grands moments des concerts à venir. « Powerslave » ,lui , est un hymne fédérateur aussi efficace que « The Trooper » ou « The Number Of The Beast ». Et puis il y a cet exercice, qui deviendra un passage obligé dans chaque album de la vierge de fer, la longue suite de plus de dix minutes. Construit selon le même schéma que les autres morceaux, « Rythm of the Ancient Mariner » étire chacune de ces phases dans une longue fresque épique.

Cette conclusion achève l’album en apothéose. Le succès sera bien sûr au rendez-vous, et annoncera l’âge d’or de la nouvelle vague de metal britannique : avec cet album, Iron Maiden était devenu le roi d’une culture désormais autonome.

Un autre article du même auteur : L’album Rust Never Sleeps – Neil Young.

Lennon62

About Benjamin Bailleux

Avant d’entamer une collaboration que j’espère riche, il est essentiel que je me présente à vous, humbles lecteurs. Comme mon pseudo semble l’indiquer, je suis ici dans le but de partager ma passion pour le rock dans toute sa diversité. Pour remplir cet objectif, j’ai bâti un site que je gère depuis quelques mois déjà. Mais comment a-t-il chopé le virus me direz vous ? (À moins que vous vous en foutiez mais faites au moins semblant pour contribuer au bon déroulement de cette présentation !) Et bien, quand on évoque mes premiers émois musicaux, je me remémore immédiatement les nuits de voyages où « the rising » tournait en boucle sur l’auto radio. Après de longues heures passées à écouter AC/DC , Status quo, Les Who etc …, j’ai complèté ma culture rock en cherchant mes groupes fétiches dans d’autres genres (prog, folk rock , punk …). Ces découvertes, je les ai faites grâce aux heures passées a lire et relire les chroniques de certains albums et autres documents. C’est à partir de ce matériel que j’ai pu forger ma vision de la musique rock. Cette vision, je vous propose de la découvrir à travers mes articles.

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