Cineemotionart/ janvier 31, 2018/ 6 comments

Je reviens aujourd’hui sur une série qui a fait énormément parlé d’elle, une série insoutenable, violente, réflexive, glaçante aux interprétations impeccables sur fond extrêmement bien dosé et développé. Je vais vous parler donc de The Handmaid’s Tale, diffusé sur la chaîne Hulu aux USA et en France sur OCS.

Adapté du roman éponyme de Margaret Atwood, Handmaid’s Tale plonge le spectateur dans un univers futuriste où la société américaine a fait place à un régime théocratique nomme la République de Gilead. Dans cette société, le droit des femmes est inexistant et elles sont considérées comme des utérus sur pattes qui doivent enfanter, pour les rares femmes encore fertiles. Elles deviennent donc des servantes, des esclaves dont leur seul but est de procréer pour la patrie. Cette société contrôle tous les faits et gestes de ces citoyens et même dans leur plus grande intimité puisque la sexualité y est en partie interdite (interdiction d’avoir un amant, des relations comme on l’entend aujourd’hui avec son mari). Le but est seulement la reproduction. Avec un postulat pareil, la série nous développe un univers glaçant, froid et faisant écho à notre époque. Handmaid’s Tale se révèle brillante et possède un potentiel inouï s’achevant de manière magistrale et sans fausse note.

Le féminisme, la société, notre mode de fonctionnement, nos libertés, nos croyances, les fondements de l’humanité, la nature même de l’homme, la répression, l’absence de droits de l’homme au profit d’un régime totalitaire et répressif sont autant de sujets qui questionnent et qui sont développés. Handmaid’s Tale dérange autant qu’elle fascine de par son traitement, ses personnages intéressants, bien décrits et émouvants, que par un scénario brillant et glaçant de vérité et une mise en scène intelligente.

Dès le pilot, on est embarqué dans ce système et on ressent toute la violence et le mal-être des servantes vivant un calvaire. On suit Defred (ou Offred) durant les pires moments qu’elle va vivre. Et entre lapidations, excisions, viols et toutes autres violences, le seul but du personnage sera de retrouver sa fille. Ce qui est d’autant plus frappant est la condition féminine qui peut s’aggraver. On pense sans mal à dire que les droits acquis durement par des femmes, il n’y a pas si longtemps que ça, sont inébranlables et inchangeables mais comme on peut se tromper. La série nous rappelle à la dure réalité : tout peut changer en un instant autant pour les femmes que pour les hommes. Mais c’est un véritable hymne à la femme qui est clamé dans cette série.  Un univers qui fait froid dans le dos et qui malheureusement existe dans certaines parties du monde où la femme n’est qu’un objet qui doit obéir à l’homme. On aperçoit au-delà de cette violence, le portrait de femmes dans leur plus grande force mais aussi dans leur plus grand doute, effroi, faiblesse…

Handmaid’s Tale dépeint un univers avec autant de nuance que l’arc-en-ciel. Personne en soi n’est mauvais ni bon. Il n’y a pas de monstre mais des Hommes et c’en est plus terrifiant puisque les tortionnaires, les décisionnaires sont des hommes. Et bien évidemment, l’homme est son pire ennemi. Mais dans cette série, chacun survit à sa propre manière dans une société brutale et oppressante. Et ce qui est d’autant plus frappant est le fait qu’on déshumanise complètement ses femmes en les dépossédant de leurs noms et les réduisant à leurs seules fonctions, à leurs corps pour mieux ensuite les utiliser et les manipuler. Et la série nous astreint à regarder aux plus profonds des âmes des personnages pour nous faire ressentir tous l’isolement que ces personnages vivent au quotidien. Au travers des yeux de June, de son visage, on nous dévoile sa personnalité en filmant au plus près de son visage, ses intentions, la force qui réside en elle.

Une série glaçante qui saura jouer entre l’horreur qu’elle suscite et toute la vie que dégagent ses femmes, l’amour qui n’est jamais loin et qui donne envie de se rebeller pour faire revivre l’espoir et la vie. Et si on comprend la violence subite par la société, elle n’est jamais si manifeste. C’est une guerre psychologique qui entre en jeu entre les plans oppressants, les murs couverts de sang, la tension, la pression, les règles, l’image et la photo aux couleurs délavées et froides pour laisser plus visible le rouge écarlate des robes des servantes.

En bref, une série qui donne à réfléchir et qui ne laissera indemne personne qu’on est aimé ou pas, les sujets qu’elles dénoncent sont actuels et reflètent le pire de l’homme et malheureusement pour June, cela ne fait que commencer… Si vous avez vu la bande-annonce de la saison 2, vous comprendrez pourquoi. Je vous recommande évidemment cette série qui est mon coup de cœur de l’année 2017 et vous pouvez également aller voir mon article sur la bande-annonce de la saison 2

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About Cineemotionart

“Les zombies mangent des cerveaux… Vous n’avez rien à craindre” Chroniqueuse à (preque) plein temps et rêveuse à plein temps, je suis du genre à parler des heures de films, séries, romans et autres sujets qui m’intéressent. Et pour ne pas ennuyer ma famille ou mes amis (ça arrive très souvent, croyez-moi !), j’écris sur ce qu’il me plaît sur mon blog. On peut même me comparer à un zombie en manque de chair mais pour moi, c’est en manque de film. Donc prenez garde, je mange tout ce qui se passe sous la main, si je ne peux visionner un film. Vous pouvez également lire mes absurdités sur mon blog : cineemotionart.wordpress.com

6 Comments

  1. J’ai bien aimé le livre. Je n’ai pas vu la série…

    1. Cineemotionart

      Moi c’est le contraire, et j’aimerais le lire. Du coup, je pourrais faire un parallèle entre le livre et la série. Après, ce sont deux supports différents, donc les opposer serait malvenu pour ma part. Quoi qu’il en soit, je te le conseille vraiment. Je ne pense pas que tu seras déçu. ^^

        1. Cineemotionart

          Je t’en prie, merci à toi d’être passé sur le blog et d’avoir laissé un commentaire. Je serais curieuse de savoir ce que tu penses de la série. ^^

          1. En tous les cas, si cela t’intéresse, je me permets de te partager le lien de mon billet sur ce roman. Au plaisir! https://madamelit.ca/2018/01/06/madame-lit-la-servante-ecarlate/

            1. Cineemotionart

              Bien sûr cela m’intéresse. J’irais jeter un coup d’oeil. 😊

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