Halo 4 : nan mais allô quoi ! (oui j’ai osé)

Halo 4 | Aujourd’hui, je n’éclaterai personne. La licence Halo, c’est comme cette vieille peluche nauséabonde de votre enfance que vous avez précieusement gardée avec vous pour la chérir jusqu’à la fin de votre vie. Et pour rien au monde je serai méchant avec ma peluche insalubre. Enfin bon … Y’a toujours des exceptions vous savez… 

D’une façon ou d’une autre, tout le monde attendait la sortie de ce fameux Halo 4. Développé par l’équipe de 343 industries, ce jeu vidéo paru le 6 novembre 2012 nous place de nouveau dans l’armure de notre Spartan préféré. L’équipe de développeurs a mis beaucoup d’espoir dans la création de ce nouvel opus qui nous propulse 4 années et quelques mois après la fin de Halo 3, où John 117 est cryogénisé dans le vaisseau Forward Unto Dawn après la destruction de l’Arche.

Le Major, ayant fait une petite sieste de quelques années, est brusquement réveillé par la fidèle IA Cortana en 2557 car le vaisseau est attaqué par de très vieux rivaux : les Covenants. Mais lors de la progression du jeu, la pauvre Cortana se détériore ; elle a déjà dépassé la durée de vie d’une IA classique puisqu’elle a plus de 7 ans. Ce jeu, qui s’écarte totalement du côté « gros dur » de ses aïeuls, se veut émotionnel et se concentre grandement sur la relation Cortana-John : il se focalise sur la déficience naturelle de Cortana, qui en plus d’avoir excédé sa durée de vie, se voit prise de ce qui s’appelle la Frénésie, sorte de folie qui est susceptible de s’attaquer aux IA les plus performantes. Ainsi, l’enjeu principal du jeu vidéo sera de trouver un moyen de sauver notre amoureuse (oué j’crois bien que John la kiffe, enfin suffit de regarder le film « Her » pour se rendre compte du phénomène). Bref, l’ensemble donne un effet mélodramatique assez trivial au vu du registre épique dans lesquels les précédents volets nous immisçaient. L’effet obtenu est donc plutôt mal réglé, décevant. Pire, les discussions pitoyables entre notre machine de guerre et l’IA sexy frisent le ridicule. De nature normalement très ferme, réservée mais comique, le major devient subitement émotionnellement faible et les répliques que les deux s’échangent frôlent parfois l’envie bien compréhensible de se foutre une bonne facepalm dans sa tronche. Pourtant très charismatique à l’origine, ces personnages virent à l’insipidité des personnages d’anime ratés qui en font des caisses pour essayer d’exister. Cela rend triste de se surprendre en train de se moquer de personnages qui ont pourtant bercé notre enfance !

Mais ce n’est pas tout … Déception totale lorsque le mauvais doublage français retentit, un doublage « nanardesque » qui traduit un air faussement tragique par lequel se dégage une naïveté déconcertante et plutôt divertissante. Pour couronner le tout, un scénario totalement incompréhensible est raconté à travers de très belles cinématiques où dialogues narratifs médiocres s’allient avec claques visuelles incroyables.

Pourquoi une telle incompréhension ? Le problème principal de ce nouvel opus est l’élaboration du scénario qui, par souci du détail s’est totalement basé sur la trilogie « forerunner » écrite par le fameux Greg Bear, auteur de fictions américain à succès. Etant un fervent fan, j’ai lu le premier ouvrage de cette trilogie difficile à lire dans laquelle des descriptions impossibles à imaginer sont édifiées, dans des détails inutiles, détails conduisant au mal de crâne assuré. Un joueur n’ayant pas suivi cette trilogie est pourtant, je crois bien, absolument incapable de comprendre l’histoire de ce jeu vidéo très brouillon sur le plan explicatif. Pour comprendre Halo 4, il faudrait lire les pas moins de 1400 pages que contient cette trilogie ornementale et peu divertissante.

Cet « atout » que l’équipe de 343 industries avait stipulé avant la sortie du jeu vidéo s’illustre en réalité comme le gros point noir de ce Halo 4.

Mais heureusement, cet opus possède de gros points forts qui lui ont permis de ne pas être abandonné complètement. En effet, la première chose qui m’a choquée en tant que joueur est l’aspect graphique de ce magnifique Halo 4. Tous les efforts ont été mis en œuvre afin de créer un nouveau moteur graphique pour se démarquer sur ce point de ses congénères… Et je peux vous dire une chose ça marche on ne peut mieux ! Entre cinématiques à couper le souffle, décors et arrières plan que l’on pourrait admirer durant des heures, ou encore les ingénieux designs des différents prométhéens, il n’est pas anodin de dire que Halo 4 est manifestement une éclatante réussite graphique !

  Pourtant, la bande son du petit bébé de 343 industries n’est pas exceptionnelle. Tous les thèmes musicaux sont d’ailleurs très loin d’égaler ses ancêtres. Tous sont beaucoup trop sobres pour la licence et manquent de petite touche artistique. Vous savez, le genre qui exaltait déchaînement barbare, surprise invétérée ou peur viscérale dans les précédents Halos ! En clair, la bande son est beaucoup moins bonne que les précédents : ce qui est un problème capital en mesure de malmener les sens auditifs du joueur vétéran… Quand on passe d’un « Halo 3 Warthog Run » à un plus sobre « Halo 4 Final Mission », on reste carrément sur notre faim. https://www.youtube.com/watch?v=q_pAa9252Uo  VS  https://www.youtube.com/watch?v=Czc9SQeOjFk

Néanmoins les différents modes de jeu offrent de grandes nouveautés qui satisferont la plupart des joueurs comme le mode « Spartan Ops » qui remplace le bon vieux « Firefight ». Ce dernier nous donne la possibilité de jouer des missions d’une campagne bien distincte de l’originale. Cependant le petit bémol de cette campagne est qu’il faut obligatoirement posséder une connexion internet pour en profiter. De plus, celui-ci se base plutôt sur une idée de baptême du feu à objectifs. De ce fait, ce mode pourrait tout de même en contrarier quelques-uns puisqu’il ne répond pas forcément à toutes les attentes. Spartan ops, même s’il ajoute du contenu intéressant n’est finalement pas si brillant et manque cruellement de discernement.

Pour autant, l’incontournable mode de jeu qui a changé élégamment de nom est le mode « Jeux de guerre » qui nous permet d’affronter des joueurs du monde entier. Les innombrables nouveautés en matière d’armements et véhicules apportent quelques modifications non négligeables au gameplay d’origine, contribuant manifestement à l’amélioration de ce mode poussiéreux.

Finalement, même si ce n’est pas très original de le dire, Halo 4 divisera tous les joueurs. Tous auront un point de vue très différent les uns des autres sur ce nouveau jeu beaucoup moins original que ses prédécesseurs, tant au niveau de la bande-son qu’au niveau scénaristique. En voulant en faire de trop, 343 industries n’a pas réussi à conquérir la moitié des fans de la série et a l’a un peu discréditée. Autrefois, elle pouvait nous plonger sans fioritures dans un univers de Science-fiction passionnant et c’est cette capacité à l’illusion de la simplicité qui provoquait jubilations et grands moments vidéo-ludiques.

Malheureusement l’aspect marketing s’est emparé exclusivement de la célèbre licence de Microsoft, licence destinée maintenant à faire des sous plutôt que des heureux (un article sur Halo 5 à paraître prochainement peut-être pour continuer dans cette lancée).

Je vous laisse avec un lien recensant toutes les cinématiques, que les plus courageux pourront éplucher afin de comprendre précisément ce qui a été démontré !

REF10/17/010

2 commentaires sur “Halo 4 : nan mais allô quoi ! (oui j’ai osé)

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