Benjamin Bailleux/ août 10, 2018/ 0 comments

Dès son éveil artistique, Zappa colle parfaitement aux ambitions d’une époque ou la pop n’a plus de limites. Ses deux influences majeures, Johnny Watson et Edgard Varèse, montrent déjà cette envie de mêler l’énergie et la complexité, la spontanéité créatrice et la complexité technique.

 

Il est pourtant trop en avance sur son temps, et écrit ses premières partitions dans l’indifférence quasi-totale. Alors que, quelques années avant le premier album de king crimson, il possède la formule capable de mêler musique savante et pop, il ne peut vivre de sa passion.

Il enchaine donc les petits boulots avant de signer son premier contrat d’enregistrement. Premier bébé issue de son union avec une grande major, « freak out » fait son petit effet à sa sortie.

Nous sommes en 1966, le psychédelisme commence tous juste à émerger grâce aux expérimentations du butterfield blues band, et Zappa semble déjà ce moquer du phénomène. On sait que l’homme ne supportait pas les drogues, qu’il voyait comme une aliénation, au point d’interdire à ses musiciens d’en consommer.

Cela n’empêchait pas freack out d’être remplie d’expérimentations alambiquées, salués par Paul Mccartney lui-même. Fasciné par l’expérimentation sonore depuis qu’il à découvert les possibilités offertes par les studios d’enregistrements, le Beatles répète à longueur d’interview que l’album freak out a eu une grande influence sur l’élaboration de sergent pepper. John Lennon enfonce le clou en affirmant que Zappa est le seul musicien capable de mélanger le rock avec des musiques plus « sérieuses ».

Pourtant, les ventes sont maigres et, après un « absolutely free » aussi peu vendue, Zappa décide de s’auto produire. Il parvient tout de même à faire survivre son groupe et, en 1969, lorsque captain Beefheart est au bord du dépôt de bilan, il propose naturellement de produire son prochain album.

Les deux amis accouchent d’un des albums les plus hallucinants de tous les temps et, entre les séances, Beefheart fait partager à son ami sa passion pour le jazz. Celui qui a déjà participé à la formation intellectuel de Zappa, en passant ses années d’études à explorer avec le rythm n blues, vas ainsi initier le second grand virage de sa carrière.

La virtuosité du Jazz vient ainsi s’ajouter aux expérimentations de Varése et a l’énergie de Johnny Watson, et Zappa entre vite en studio pour immortaliser cette nouvelle inspiration. Sortie en 1969, « uncle meat » est un album primordiale dans sa carrière : le précurseur de sa période « jazz rock ».

Comme beaucoup de chefs d’œuvres, « uncle meat » est d’abord le résultat d’un échec, celui du film du même nom, que zappa voulait réaliser. La warner ne s’était pas montré très emballé par ce projet excentrique et, incapable de le financer, Zappa abandonne l’aventure.

Il écrit tout de même ce qui aurait dut être la bande son de ce film, et la sort la même année. Comme annoncé sur la pochette, « Uncle meat » est donc « la bande son d’un film que nous n’avons pas pue finir par manque d’argent ».

Ce concept involontaire encourage Zappa à aller encore plus loin dans l’expérimentation. S’affirmant comme un compositeur expérimenté, il multiplie les miniatures sonores aussi courtes que riches.

En tant que producteur, il expérimente à tous vas, accélérant les bandes magnétiques et multipliant les collages, pour donner à sa créature musicale un visage unique. Seul « louie louie » rappel son attachement au rythm n blues, mais l’interprétation des mothers tient plus de la déstructuration géniale que de l’hommage appliqué. Enorme pièce final en 6 parties , king kong clôt ce délire monumentale par une orgie sonore ou l’excentricité côtoie la virtuosité.

« Uncle meat » est un album monumental. A l’image de soft machine en Angleterre, il produisait une version novatrice du jazz rock, avant que Zappa ne s’en rapproche de plus en plus sur les albums suivants.

Lennon62

About Benjamin Bailleux

Avant d’entamer une collaboration que j’espère riche, il est essentiel que je me présente à vous, humbles lecteurs. Comme mon pseudo semble l’indiquer, je suis ici dans le but de partager ma passion pour le rock dans toute sa diversité. Pour remplir cet objectif, j’ai bâti un site que je gère depuis quelques mois déjà. Mais comment a-t-il chopé le virus me direz vous ? (À moins que vous vous en foutiez mais faites au moins semblant pour contribuer au bon déroulement de cette présentation !) Et bien, quand on évoque mes premiers émois musicaux, je me remémore immédiatement les nuits de voyages où « the rising » tournait en boucle sur l’auto radio. Après de longues heures passées à écouter AC/DC , Status quo, Les Who etc …, j’ai complèté ma culture rock en cherchant mes groupes fétiches dans d’autres genres (prog, folk rock , punk …). Ces découvertes, je les ai faites grâce aux heures passées a lire et relire les chroniques de certains albums et autres documents. C’est à partir de ce matériel que j’ai pu forger ma vision de la musique rock. Cette vision, je vous propose de la découvrir à travers mes articles.

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