Benjamin Bailleux/ mars 5, 2018/ 1 comments

Autrefois, Foghat était un groupe très populaire, dont cinq albums furent certifiés disque d’or.
Désormais, leurs titre ne sont diffusés que sur quelques radios classic rock et peu de livres spécialisés parlent d’eux. Cet oubli est-il justifié ou Foghat est-il tombé dans les oubliettes de l’histoire ?
Réponse dans ces quelques lignes.

Issus de la scène blues anglaise, Tony Steven et Roger Earl quittent leur groupe en 1971. Les musiciens veulent revenir au rock’n’roll des pionniers et, pour faire ce voyage dans le temps, ils s’offrent les services Rod Price, qui souhaite lui aussi quitter le blues pour une musique plus directe.

Alléché par leur rock gorgé de rockabilly, le grand Todd Rundgren leur propose de produire le premier album de Foghat. Mais la collaboration ne prend pas et après plusieurs séances infructueuses, le groupe choisit de changer de producteur.

C’est donc le moins connu Dave Edmund qui produit ce premier essai sorti en 1972. On peut ne pas aimer son travail, qui donne un son assez « soft » et propre à l’album, il n’empêche que ce premier essai est doté de compositions ultra-efficaces , qui renvoient Chuck Berry et Little Richard au bac à sable. On comprend aussi pourquoi le groupe a surtout trouvé le succès aux États-Unis, plutôt que dans son Angleterre natale. Bien qu’il n’ait pas tiré un trait sur le blues, le Royaume-Uni a donné naissance à une vague de hard rockeurs, venus ringardiser les bluesbreakers et autres gloires du mouvement blues.

Or, malgré un goût commun pour l’énergie électrique, la musique de Foghat est assez éloignée des solos à rallonge de Page, Blackmore, etc. Démarrant son album par une reprise supersonique de « I Want to Make Love to You », Foghat joue un rock minimaliste sans être rétrograde. Au contraire, ses riffs carrés et cette énergie proche du rock’n’roll des débuts annonce le pub rock trois ans avant la sortie du premier album de Dr Feelgood.

Foghat avait prédit l’avenir en donnant un coup de fouet aux riffs poussiéreux de Chuck Berry et Little Richard. De cette manière, à une époque dominée par les solos à rallonge du hard rock et les prétentions intellectuelles du prog, il a redonné une énergie brute à un rock qui commençait à se boursoufler.

Aujourd’hui cet album s’impose comme un classique oublié, le chaînon manquant entre les Stones et Dr Feelgood.

Lennon62

About Benjamin Bailleux

Avant d’entamer une collaboration que j’espère riche, il est essentiel que je me présente à vous, humbles lecteurs. Comme mon pseudo semble l’indiquer, je suis ici dans le but de partager ma passion pour le rock dans toute sa diversité. Pour remplir cet objectif, j’ai bâti un site que je gère depuis quelques mois déjà. Mais comment a-t-il chopé le virus me direz vous ? (À moins que vous vous en foutiez mais faites au moins semblant pour contribuer au bon déroulement de cette présentation !) Et bien, quand on évoque mes premiers émois musicaux, je me remémore immédiatement les nuits de voyages où « the rising » tournait en boucle sur l’auto radio. Après de longues heures passées à écouter AC/DC , Status quo, Les Who etc …, j’ai complèté ma culture rock en cherchant mes groupes fétiches dans d’autres genres (prog, folk rock , punk …). Ces découvertes, je les ai faites grâce aux heures passées a lire et relire les chroniques de certains albums et autres documents. C’est à partir de ce matériel que j’ai pu forger ma vision de la musique rock. Cette vision, je vous propose de la découvrir à travers mes articles.

1 Comment

  1. J’adore ce groupe ! Rien de mieux pour avoir la pêche que d’écouter Slow Ride ! 😀

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