pepparshoes/ janvier 2, 2018/ 0 comments

A mes yeux, Et soudain, la liberté est le plus beau roman de tous ceux parus en 2017. C’est une lecture incroyable qui mérite que l’on trouve les bons mots, et qui pourtant nous laisse sans voix. Simplement fabuleux. Lu en partenariat avec Netgalley et Les Escales.

Et soudain, la liberté, un mot de l’auteure-éditrice

Evelyne Pisier voulait raconter l’histoire de sa mère, et à travers elle, la sienne. Une histoire fascinante couvrant soixante ans de vie politique, de combats, d’amour et de drames – le portrait d’une certaine France aussi, celle des colonies et de la contestation, du patriarcat et du féminisme. Nous étions d’accord : il fallait en faire un roman.
Un roman qui, de l’Indochine en guerre à la Nouvelle-Calédonie des années cinquante, de la révolution cubaine à mai 68, conte les destinées de deux femmes éprises de liberté. Deux héroïnes modernes et indépendantes, révélées à elles-mêmes par le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir.
Tout aurait pu s’arrêter un jeudi de février, à la mort d’Evelyne. Elle avait tissé la trame du livre. Il restait à le mettre en forme.
J’étais son éditrice. Son amie. Elle m’avait confié ses rêves et ses souvenirs.
J’ai terminé le livre.
C.L.

Gif fille qui pleure

Le défi de trouver les mots

Une fois ce roman délicatement reposé, plus rien ne semble avoir de l’importance, alors que tout compte. Le vrai défi est d’être à la hauteur, de trouver les mots pour rendre justice à cette lecture simplement extraordinaire. J’ai peur d’échouer, parce qu’elle mérite une chronique exemplaire, et en même temps, j’ai envie de puiser dans la liberté découverte entre ces pages. Parce qu’une fois que l’on lit vraiment cette histoire “Et soudain, la liberté“, ce titre, prend tout son sens. Peut-être qu’est là son essence même, d’après moi et mon ressenti, de ce livre, dans la liberté : des femmes, du mariage, dans l’amour, dans la liberté des mots, des pays, des êtres humains… et peut-être, surtout, dans la liberté de penser et de s’exprimer. Celle de laisser sa vision du monde, et des hommes, et des autres, évoluer.

La complexité des êtres humains dans toute sa beauté

Je me suis souvenue, en lisant ces pages, de la complexité des êtres humains, tous lumineux et sombres à la fois. Tous disposants de leur jardin secret, de leurs décisions et choix, dont ils peuvent avoir honte ou dont ils sont très fiers, tout ça pour des raisons extrêmement complexes qui leurs sont propres…

Gif Don't judge me

De nombreuses thématiques, le féminisme d’abord

Ce roman est d’un féminisme incroyable. A travers le récit d’Evelyne Pisier, qui relate l’histoire de sa mère à travers ses yeux, nous traversons l’histoire des femmes. Et cela depuis le point de vue d’une petite fille qui sait tout juste marcher jusqu’au bout de sa vie de femme. On y aborde la complexité de la maternité avec justesse. Avec de la remise en question. Avec la place de la femme en tant que mère et la place d’une mère en tant que femme. A la place de la grand-mère aussi, dans toute son ambivalence : la joie de voir la vie se perpétuer, de grandir, d’aimer encore inconditionnellement son enfant comme son petit enfant. Mais aussi la jalousie, l’angoisse de ne plus être le centre de l’univers de la chair de notre chair…

Des combats politiques d’une force incroyable

Nous assistons à de nombreux combats, notamment celui pour l’avortement légal ou la contraception. Celui-ci, comme de nombreux autres combats humanitaires, associatifs, politiques. Ce livre est d’une richesse intellectuelle incroyable. Il nourrit l’âme d’Histoire, sans que l’on puisse dire qu’elle soit écrite par les politiciens qui ont gagné “la partie” comme si c’était un jeu.

Gif Emma Watson Féminisme

Non, elle est écrite par celle qui a vécu, a ressenti, à réfléchit. Par une personne d’une génération engagée, autant par la pensée que les actes. Qui a du apprendre à remettre en question son entourage (par la déconstruction du père “héro”), qui a aussi du apprendre à se remettre en question soi-même. Et la politique va toutefois se mêler à la romance, avec l’apparition de Fidel Castro, son amant. Rien que pour cela, cette oeuvre est d’une richesse politique incroyable. Qui connaît mieux les figures politiques que ceux et celles qui partagent leur couche, et leur cœur ?

Un travail éditorial mis à nu

Et à coté de tout cela, il y a l’analyse de ces pensées, de ce récit. Caroline Laurent se met à nu également, et nous livre l’histoire romancée d’Evelyne Pisier tout en conservant une certaine pudeur. Par ce biais, par sa prise de parole, c’est une ode à la littérature. En libérant Mona grâce à Marthe, la bibliothécaire, et Beauvoir. En terminant le livre en tant qu’éditrice et amie, qui nous livre le procédé d’écriture du roman en parallèle de l’histoire. C’est une ode aux mots, à la libération des maux. Et en tant que lecteur.ice nous assistons à la rencontre entre ces deux femmes, la re-rencontre d’une certaine manière, à travers les souvenirs de chacune. C’est d’une beauté innommable et d’une douceur infinie. Je crois que c’est la façon qu’à Caroline Laurent de s’adresser à Evelyne Pisier qui m’a le plus touché.

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Roman féministe, psychologique, politique… il n’y a pas vraiment de terme pour définir cet écrit d’une qualité indéniable. Il y a encore tant à dire sur ce roman, sur tous les aspects, que je pourrais encore en parler durant des heures. Il faut bien s’arrêter. Mais s’il y a une chose dont je suis certaine, c’est que je vais m’acheter ce livre en format papier, simplement parce qu’il est de ceux qu’il me faut dans ma bibliothèque. Sans hésitation.

Vous pouvez retrouver mes chroniques sur mon blog Sorbet-Kiwi, notamment des romans autobiographiques, comme par exemple M pour Mabel, un roman fort, qui permet une élévation d’esprit à laquelle je ne m’attendais pas du tout, tout étant dans le détail et dans la précision.

Un autre article du même auteur sur lesyeux-fertiles : Une mère d’Alejandro Palomas.

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About pepparshoes

Pepparshoes, lectrice compulsive qui se noie dans sa pile à lire Je viens me joindre à l'équipe des Yeux Fertiles avec grand plaisir ! Ma passion ? Les livres, même si je m'intéresse à plein de choses, comme les séries, les films ou encore la musique. Mais avec une PAL (pile à lire) de 580 romans papiers (les numériques sont punis, on ne les voit que lorsqu'on appuie sur un bouton, alors ça compte pas... dit-elle pour se rassurer), j'ai de quoi m'occuper toute une vie, et la suivante lorsque je me réincarnerais en chat ! Les chats, c'est la vie, mon petit Sammy profite d'une grande partie de mon amour, qu'il doit se partager avec mon chéri. Mon genre de romans préférés ? La littérature contemporaine, très honnêtement, c'est ce que je lis le plus. Mais je ne suis pas une lectrice de la haute bourgeoisie littéraire, j'adore les romances, notamment la New Romance, j'aime beaucoup les thrillers, et même que de temps en temps je vais voir ce qu'il se passe du côté de la science-fiction ou de la littérature de jeunesse. Ma maison d'édition préférée reste les éditions Charleston, et mon amour pour Lucinda Riley n'a pas de limite, autre que celles que m'impose ma banquière. Je vous dis à très bientôt, et j'espère que vous aurez autant de plaisir à me lire que moi à vous conseiller des bons bouquins à lire sous un plaid, au chaud avec un bon café - thé - cacao - bière au beurre (barrez la mention inutile). Ah oui, sinon, j'ai un blog personnel aussi, qui se nomme Sorbet-Kiwi ! J'y parle de tout ce que j'aime, principalement de littérature, mais aussi de tout le reste, et j'abuse aussi parfois des gifs par là, venez me rendre visite si l'envie vous prend. Pour Sorbet-Kiwi, c'est par là : https://sorbetkiwi.wordpress.com/

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