pepparshoes/ mai 1, 2018/ 0 comments

Camille, mon envolée, est un témoignage magnifique et émouvant. C’est une découverte incroyable, dont je dois vous parler absolument.

Un roman d’amour à sa fille

Dans les semaines qui ont suivi la mort de sa fille Camille, 16 ans, emportée une veille de Noël après quatre jours d’une fièvre sidérante, Sophie Daull a commencé à écrire.
Écrire pour ne pas oublier Camille, son regard « franc, droit, lumineux », les moments de complicité, les engueulades, les fous rires ; l’après, le vide, l’organisation des adieux, les ados qu’il faut consoler, les autres dont les gestes apaisent… Écrire pour rester debout, pour vivre quelques heures chaque jour en compagnie de l’enfant disparue, pour endiguer le raz de marée des pensées menaçantes.
Loin d’être l’épanchement d’une mère endeuillée ou un mausolée – puisque l’humour n’y perd pas ses droits –, ce texte est le roman d’une résistance à l’insupportable, où l’agencement des mots tient lieu de programme de survie : « la fabrication d’un belvédère d’où Camille et moi pouvons encore,
radieuses, contempler le monde ».

Une histoire qui résonne en nous

Lorsque j’ai commencé la lecture de ce roman, je savais qu’il allait résonner d’une façon particulière en moi.  Cela, à cause d’événements survenus dans ma vie, en janvier. Il se trouve que mon frère à perdu son meilleur ami. 17 ans à peine. Lors d’un tragique accident de scooter. Durant toute ma lecture, j’ai eu l’impression de lire ce que la maman de Tristan pourrait ressentir. Et je crois que cela a rendu l’ensemble encore plus réel.

Cela l’a transformé de lecture bouleversante en déflagration dans mon cœur. Il est difficile de trouver les mots pour décrire ce que l’on ressent lorsqu’on lit un récit de cette force, et d’une certaine façon, d’une telle brutalité. Brutalité, parce que vif, incisif, sans tomber dans le pathos. C’est une hymne à la vie de Camille que nous livre là Sophie Daull, en même temps qu’un magnifique témoignage d’amour, avec des moments douloureux mais aussi des moments drôles… des moments surtout très vrais.

Une oeuvre d’art

Perdre son enfant de 16 ans, c’est intolérable parce qu’un parent ne devrait pas survivre à son enfant. La façon dont cette mère en parle, en situant sa propre vie dans l’avant et l’après de la mort de Camille, est déchirant. Ce que je trouvais fou, c’est que l’ensemble est vif mais en même temps très poétique. Ce roman, ce témoignage, est une oeuvre d’art. Il se situe dans les quelques mois autour du décès de sa fille, comme un exutoire, comme une façon de la faire vivre plus longtemps. En publiant l’histoire, elle l’a fait vivre à jamais sur papier, dans le cœur de nombreux lecteurs.

Camille, mon envolée, à jamais dans mon coeur

En écrivant, Sophie Daull se retrouve à questionner de nombreux aspects de la vie, du quotidien. Par exemple l’usage des mots. Lorsque l’on perd un époux, ou son épouse, on est veuf. Lorsqu’on perd un parent, on est orphelin. Mais il n’existe pas de mot lorsqu’on perd un enfant. Qui est-on alors ? Aux yeux des autres ? Cela se retranscrit aussi au moment de l’organisation des obsèques, qui gardent cette plaie ouverte. Mais finalement, la vie continue. Toujours. Parfois, il faut se prendre des claques pour réussir à avancer. Il faut se donner la main. Parfois il faut aussi rejeter les autres, pour se retrouver. Avant de finalement retomber dans les bras des êtres chers, qui sont, eux, encore physiquement présents. Parce que Camille ne sera jamais une disparue du cœur de sa mère, c’est impossible, mais elle s’est bien envolée.

Je ne crois pas avoir trouvé les mots justes pour parler de ce roman, mais les trouve-t-on jamais lorsqu’il s’agit de deuil ? Oui, Sophie Daull y est parvenue, avec force, vivacité, amour… Je ressors de cette lecture bouleversée, et c’est une de celle que je n’oublierai jamais.

Vous pouvez retrouver mes chroniques sur mon blog Sorbet-Kiwi, notamment des autobiographies, comme par exemple Un Million de lettres d’espoir de Jodi Ann Bickley, un témoignage chargé d’émotions.

Un autre article du même auteur sur lesyeux-fertiles : L’élève au coeur de sa réussite de Marie-Hélène Fasquel

Le livre ici :

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About pepparshoes

Pepparshoes, lectrice compulsive qui se noie dans sa pile à lire Je viens me joindre à l'équipe des Yeux Fertiles avec grand plaisir ! Ma passion ? Les livres, même si je m'intéresse à plein de choses, comme les séries, les films ou encore la musique. Mais avec une PAL (pile à lire) de 580 romans papiers (les numériques sont punis, on ne les voit que lorsqu'on appuie sur un bouton, alors ça compte pas... dit-elle pour se rassurer), j'ai de quoi m'occuper toute une vie, et la suivante lorsque je me réincarnerais en chat ! Les chats, c'est la vie, mon petit Sammy profite d'une grande partie de mon amour, qu'il doit se partager avec mon chéri. Mon genre de romans préférés ? La littérature contemporaine, très honnêtement, c'est ce que je lis le plus. Mais je ne suis pas une lectrice de la haute bourgeoisie littéraire, j'adore les romances, notamment la New Romance, j'aime beaucoup les thrillers, et même que de temps en temps je vais voir ce qu'il se passe du côté de la science-fiction ou de la littérature de jeunesse. Ma maison d'édition préférée reste les éditions Charleston, et mon amour pour Lucinda Riley n'a pas de limite, autre que celles que m'impose ma banquière. Je vous dis à très bientôt, et j'espère que vous aurez autant de plaisir à me lire que moi à vous conseiller des bons bouquins à lire sous un plaid, au chaud avec un bon café - thé - cacao - bière au beurre (barrez la mention inutile). Ah oui, sinon, j'ai un blog personnel aussi, qui se nomme Sorbet-Kiwi ! J'y parle de tout ce que j'aime, principalement de littérature, mais aussi de tout le reste, et j'abuse aussi parfois des gifs par là, venez me rendre visite si l'envie vous prend. Pour Sorbet-Kiwi, c'est par là : https://sorbetkiwi.wordpress.com/

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