lennon62/ janvier 9, 2018/ 0 comments

Jeune musicien inspiré par les écrit de Kerouac, Dylan débarque à New York en 1961 afin de rendre visite au folk singer Woody Guthrie. Épuisé par le harcèlement macartiste et la chorée de Huntington , Guthrie est hospitalisé depuis la fin des années 50. Bob Dylan parviendra tout de même à le rencontrer, et ses entretiens s’apparentent à un passage de témoin entre le jeune poète et son idole.

Par la suite, il arpente les cafés les plus emblématiques de la scène folk, où ses folk songs lui valent déjà l’admiration d’une poignée de jeunes étudiants. Guitare en bandoulière et harmonica en poche, il se fait connaître sur les scènes du Gaslight et autres clubs. C’est là-bas qu’il rencontre Suze Rotolo , la jeune femme n’a que 17 ans et milite pour le congrès pour l’égalité des races. Jusque-là, Dylan vivait comme un véritable troubadour, dormant sur les bancs des clubs où il joue, où chez quelques mères de substitution.

Sa nouvelle conquête lui permet de trouver un foyer fixe, et l’incite à écrire ses premières protest songs. De cette manière, Suze Rotollo a contribué a révélé le talent de celui qui deviendra le porte-parole d’une génération grâce à des titres comme « Master of War ». À la même époque, en 1961, Dylan rencontre la chanteuse folk Carolyn Hester, qui l’engage comme harmoniciste pour l’enregistrement de son premier album. Ces sessions lui permettent d’attirer le producteur John Hammond, qui lui fait signer un contrat de cinq ans.

Désormais sous contrat, Dylan est en quête de notoriété. Rencontrée en 1961, c’est Joan Baez qui lui offrira l’audience qu’il mérite. Bien qu’ils se connaissent depuis 1961, leur relation ne devient sérieuse qu’à partir de 1963, lorsque la reine du folk l’invite à l’accompagner au festival de Newport. C’est lors de ce festival que la jeunesse offre à Dylan son rôle de porte-parole.

Deux ans plus tard, en 1965, Dylan sort les albums Bring it on Back Home et Highway 61 Revisited, et entraîne les canadiens de The Band dans une tournée aussi tendue que légendaire. Fruit de la fascination de Dylan pour le rock, ces albums dévoilent une musique plus énergique et amplifiée. Le public folk, qui a permis à Dylan de se faire connaître, est très puriste et ne supporte pas un virage qu’il interprète comme une insulte faite à la musique des grands folks singers. Le barde poursuit néanmoins une tournée difficile, où il est traité de Judas et menacé de mort par des fanatiques rétrogrades. Mais les albums se vendent bien, ce qui l’incite à poursuivre dans cette voie.

Profitant d’une pause dans cette tournée chaotique, il entame l’enregistrement du dernier volet de sa trilogie électrique. Pour ce faire, il récupère le guitariste Robbie Robertson de The Band.

Issu de ces session, Blonde on Blonde devait être un album simple, mais Dylan fait preuve d’une inventivité débordante, qui le pousse à produire le premier double album de l’histoire du rock. Démarrant son album sur une petite pique envoyée à ceux qui tentèrent de le parquer dans un traditionalisme stérile, « Rainy Day Woman » sera aussi boudé par le radios à cause de son refrain, où Dylan affirme que «  tout le monde devrait se défoncer ».

Mais le message le plus acide était surtout contenu dans cette musique, où les discrètes pulsations de basse/batterie côtoient la guitare résolument rock, enveloppée par la douceur des cuivres, et auxquels viennent s’ajouter quelques notes d’harmonica mélancolique. Car Dylan n’a pas cédé sous la pression, et Blonde on Blonde est l’aboutissement d’un virage rock visionnaire. Ses textes poétiques influenceront le lyrisme de Springsteen, alors que cette musique mélodique et électrique donnera des idées à Tom Petty, Neil Young et autres folk rockers. De nos jours, on peut encore trouver des traces de cette influence dans les mélodies sensibles de Jack Bugg, Courtney Barnett ou Kurt Vile.

Sorti en 1966, Blonde on Blonde est désormais reconnu comme un joyau de la culture pop, un statut que plus personne n’ose contester.

Retrouve une autre critique du même auteur sur lesyeux-fertiles : Kyuss – Welcome to Sky Valley.

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About lennon62

Avant d’entamer une collaboration que j’espère riche, il est essentiel que je me présente à vous, humbles lecteurs. Comme mon pseudo semble l’indiquer, je suis ici dans le but de partager ma passion pour le rock dans toute sa diversité. Pour remplir cet objectif, j’ai bâti un site que je gère depuis quelques mois déjà. Mais comment a-t-il chopé le virus me direz vous ? (À moins que vous vous en foutiez mais faites au moins semblant pour contribuer au bon déroulement de cette présentation !) Et bien, quand on évoque mes premiers émois musicaux, je me remémore immédiatement les nuits de voyages où « the rising » tournait en boucle sur l’auto radio. Après de longues heures passées à écouter AC/DC , Status quo, Les Who etc …, j’ai complèté ma culture rock en cherchant mes groupes fétiches dans d’autres genres (prog, folk rock , punk …). Ces découvertes, je les ai faites grâce aux heures passées a lire et relire les chroniques de certains albums et autres documents. C’est à partir de ce matériel que j’ai pu forger ma vision de la musique rock. Cette vision, je vous propose de la découvrir à travers mes articles.

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